L'ancien avocat de Varg Vikernes juge sa garde à vue abusive

Cet avocat avait défendu l'extrémiste norvégien en 1993. Il estime "minces" les charges qui pèsent contre lui.

Le musicien de black metal Varg Vikernes photographié en prison, dans les environs d\'Oslo (Norvège), en 1999.
Le musicien de black metal Varg Vikernes photographié en prison, dans les environs d'Oslo (Norvège), en 1999. (AFP)

Un jour après l'arrestation de Varg Vikernes, l'avocat qui avait défendu le Norvégien extrémiste pour un meurtre commis en 1993 critique la France. Dans une interview à l'AFP, John Christian Elden juge abusive la garde à vue de ce musicien de black metal, arrêté mardi 16 juillet en Corrèze avec sa femme pour préparation d'actes terroristes. "En Norvège, ce n'est pas assez de seulement préparer une attaque terroriste. Il faut qu'il y ait un plan spécifique contre une cible spécifique, affirme-t-il. Il faut aussi qu'il y ait une base suffisante à une inculpation avant de procéder à l'arrestation. En Norvège, [Vikernes] aurait pu être convoqué pour répondre à des questions, mais il n'aurait pas été arrêté."

L'avocat précise ne pas avoir eu de contact avec son ancien client depuis cette arrestation. Il estime en outre que les charges pesant sur lui sont "minces". "Jusqu'ici, c'est moins que ce que les services de sécurité norvégiens ont chaque fois qu'ils arrêtent des islamistes en Norvège et les relâchent peu après", considère-t-il.

Varg Vikernes (à dr.) et son avocat John Christian Elden, en 1997.
Varg Vikernes (à dr.) et son avocat John Christian Elden, en 1997. (ROAR VESTAD / NTB SCANPIX)

Gardes à vue prolongées

Le ministère des Affaires étrangères norvégien a également indiqué que l'ambassade à Paris n'avait pas parlé avec le gardé à vue. Elle "a été renvoyée au communiqué de presse du ministère de l'Intérieur, selon un porte-parole. Nous n'avons pas eu de contact avec Vikernes jusqu'ici."

Les gardes à vue de Varg Vikernes et de son épouse française, Marie Cachet, ont été prolongées de 24 heures, mercredi matin. En matière antiterroriste, une garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures. Le ministère de l'Intérieur avait affirmé mardi que ce "proche de la mouvance néonazie" était "susceptible de préparer un acte terroriste d'envergure" et "constituait donc une menace potentielle", comme l'atteste notamment "la violence de ses propos interceptés notamment sur le web". Manuel Valls avait toutefois reconnu qu'il n'y avait pour le moment "ni cible ni projet identifié".