Des responsables musulmans réclament la libération de Tariq Ramadan

Le recteur de la Grande mosquée de Lyon et son homologue de Villeurbanne réclament mercredi sa "libération immédiate" en raison de son état de santé.

L\'islamologue suisse Tariq Ramadan dans une libraire à Genève, le 4 mai 2014, pour la présentation de son livre Au péril des idées.
L'islamologue suisse Tariq Ramadan dans une libraire à Genève, le 4 mai 2014, pour la présentation de son livre Au péril des idées. (RÉMY GENOUD / CROWDSPARK / AFP)

Ils prennent la défense de l'islamologue suisse. Le recteur de la Grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane et son homologue de Villeurbanne Azzedine Gaci réclament, mercredi 21 février, la "libération immédiate" de Tariq Ramadan en raison de son état de santé, à la veille d'une décision sur sa détention.

Après trois mois d'enquête préliminaire, Tariq Ramadan a été mis en examen pour viols le 2 février à Paris et placé en détention provisoire, une situation qu'il conteste en invoquant notamment son état de santé. Il affirme souffrir de deux pathologies dont une sclérose en plaques. La cour d'appel de Paris doit statuer jeudi sur sa demande de remise en liberté.

"Un lynchage médiatico-politique"

Dans un communiqué commun, les deux recteurs estiment l'islamologue suisse "victime d'un lynchage médiatico-politique où les convictions personnelles et les rancoeurs prennent souvent le pas sur la sacro-sainte présomption d'innocence à laquelle on ne songe pas un instant".

"Le régime d'exception et la sévérité appliquée à cet intellectuel de renom, reconnu et respecté au sein des musulmans de France, alimente sans cesse le sentiment d'une justice à double vitesse et nourrit l'idée selon laquelle Tariq Ramadan est plus jugé pour ses idées et ses engagements que pour les faits qui lui sont reprochés, et sur lesquels la justice doit pouvoir travailler en toute sérénité", écrivent Kamel Kabtane et Azzedine Gaci.

"Loin de toute autre considération, c'est au nom de cet esprit de justice sereine et apaisée que nous demandons sa libération immédiate en raison de la dégradation de son état de santé", ajoutent les deux recteurs.