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Syndicats de magistrats et de policiers divisés sur l'affaire de Noisy-le-Sec

La mise en examen, hier, d'un policier pour homicide volontaire a provoqué la colère de ses collègues à travers la France. Plusieurs manifestations ont eu lieu à Paris et Lyon notamment, Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont tous deux emparés du dossier. Les magistrats, eux, estiment que la procédure s'est déroulée normalement.
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Radio France
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Ce qui choque les policiers dans cette affaire, ce n'est pas la mise en examen en soi, c'est le fait qu'elle vise des faits d'homicide volontaire. "C'est un chef de mise en examen extrêmement choquant" , affirme Isabelle Trouslard, du syndicat Synergie Officiers. "Nous acceptons le principe d'une enquête, mais on veut qu'un fonctionnaire de police qui sort son arme, face à un individu lui-même armé, n'ait pas le même traitement que quelqu'un qui tue une autre personne dans la rue."

Un argument contesté par les magistrats, au nom de l'égalité de traitement devant la justice. D'ailleurs, pour Matthieu Bonduelle, du Syndicat de la magistrature, le policier n'a pas été maltraité par le parquet... au contraire. "Quand quelqu'un est mis en examen pour homicide volontaire, d'habitude il est placé en détention provisoire. Ici ce n'est pas ce qui s'est passé. Le policier est sous contrôle judiciaire, et son administration va maintenir son traitement." Il dénonce par ailleurs le fait que "tous les policiers de France déclarent être son avocat"  en manifestant, alors que "la décision peut être contestée par les voies de droit" .

Illustration de la "guéguerre police / justice" ?

Plus globalement, selon Isabelle Trouslard, de nombreux policiers estiment que "dans le tribunal de Bobigny, les délinquants sont sanctionnés légèrement, et dès l'instant où des policiers sont mis en cause, c'est systématiquement grave." "Non, il n'y a pas d'exception Bobigny" , assure Matthieu Bonduelle. "On nous refait le coup de la guéguerre police / justice, qui au quotidien n'existe ni à Bobigny ni ailleurs."

Division enfin sur le projet de "présomption de légitime défense" pour les policiers, évoqué par Nicolas Sarkozy : pour Isabelle Trouslard, "les policiers mènent un combat très dur, ils doivent être protégés dans l'exercice de leurs fonctions, ce qui n'excluerait pas une enquête de justice."  Protection superflue, pour le représentant des magistrats, qui rappele qu'"il y a déjà la présomption d'innocence. Ce policier est présumé avoir agi en état de légitime défense."


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