Réforme pénale : ultime réunion d'arbitrage à l'Elysée

François Hollande réunit ce vendredi matin Christiane Taubira, Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault pour trancher les désaccords entre la Chancellerie et la place Beauvau sur cette réforme. Pour la garde des Sceaux : l'objectif de la future réforme est de désengorger les prisons et de lutter contre la récidive. Elle aurait mis sa démission dans la balance.

(Philippe Laurenson Reuters)

La polémique Valls-Taubira sur la réforme pénale a occupé l'actualité politique avec ses multiples rebondissements depuis la mi-août. Le dernier en date, le 24 août, à l'université d'été du PS, l'annonce par Christiane
Taubira
- sans l'autorisation de Matignon – de la création d'une "peine de
probation"
qui s'effectuerait hors prison.

Mais pas
question pour Matignon de parler de "peine de probation ", le sujet
est politiquement sensible, et pour éviter les procès en laxisme, c'est
l'expression "contraintes pénales " qui sera retenue.

Reste que le résultat
sera le même. Il s'agit de donner la possibilité aux juges de prononcer une peine
distincte de l'incarcération pour ses délits punissable de 5 ans de prison  maximum. Cette  peine pourrait allier  des travaux d'intérêt général, l'injonction
de soin pour le condamné, et dans certains cas le port du bracelet électronique.

La garde des Sceaux pourrait démissionner

Christiane Taubira a
fait de l'alternative à la prison son cheval de bataille. En privé elle aurait
été jusqu'à évoquer son départ du gouvernement si elle n'obtenait pas gain de
cause. Elle ne veut pas laisser son nom sur une réforme qu'elle n'assumerait
pas confie l'un de ses proches. Lors de cette ultime réunion, François Hollande
devrait chercher à faire la synthèse entre les désirs de Taubira et les réticences
de Valls.

On s'attend à un
texte mi-chèvre mi-chou souffle un parlementaire de la majorité pour qui cette
polémique de l'été a complètement pourri un débat pourtant nécessaire.