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Procès en révision à Nîmes : les deux accusés acquittés après 12 ans de prison

Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri étaient accusés du meurtre d'un jeune dealer. Ils deviennent les 9e et 10e condamnés à obtenir un acquittement depuis 1945 au terme d'une procédure en révision.

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Abdelkader Azzimani (G) et Abderrahim El-Jabri, après leur acquittement par la cour d'assises du Gard, à Nîmes, jeudi 3 juillet 2014.  (SYLVAIN THOMAS / AFP)

Ils se sont longuement étreints. Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri, dont la condamnation à 20 ans de réclusion en 2004 pour le meurtre d'un jeune dealer à Lunel (Hérault) a été annulée par la cour de révision en mai 2013, ont été acquittés par la cour d'assises du Gard, jeudi 3 juillet, à Nîmes, à l'issue de leur procès en révision.

Azzimani, 49 ans, et El-Jabri, 48 ans, qui ont toujours clamé leur innocence du meurtre d'Abdelazziz Jhillal, tué en 1997 de 112 coups de couteau sur fond de trafic de résine de cannabis, sont les 9e et 10e condamnés à obtenir un acquittement depuis 1945 au terme d'une procédure en révision. Le dernier en date était Marc Machin, en décembre 2012.

"La fin du calvaire"

Azzimani et El-Jabri ont passé respectivement 12 et 13 ans derrière les barreaux. Ils ont obtenu l'annulation du verdict de la cour d'assises de Perpignan de juin 2004 après le revirement d'un témoin et la mise en cause d'un nouveau suspect lors d'une expertise ADN. Ils disposent de six mois pour entamer une procédure en indemnisation. 

"C'est un poids qui tombe. Ce costume n'était pas le nôtre. J'ai toujours marché la tête haute, condamné et recondamné", a commenté Abdelkader Azzimani, qui a failli se suicider en prison mais "veut maintenant tourner la page""C'est enfin la délivrance, la fin du calvaire. Je vais crier, chanter, danser, vive la vie. Mais j'ai une pensée pour la famille de la victime", a dit, pour sa part, Abderrahim El-Jabri, qui tenait surtout à ne pas apparaître "comme un mauvais garçon".

Deux hommes condamnés en 2013

Dans son arrêt, la cour d'assises a estimé que les éléments à charge étaient insuffisants pour les considérer comme auteurs ou complices de ce meurtre. Le 23 novembre 2013, la cour d'assises à Montpellier a condamné Michel Boulma, 34 ans, et Bouziane Helaili, 36 ans, à 20 ans de réclusion pour "assassinat" dans cette affaire. Ils ont assuré mardi qu'Azzimani et El-Jabri n'étaient pas sur les lieux du crime.

"Je vous demande de nous aider et de nous acquitter", avait dit El-Jabri, en larmes, tandis qu'Azzimani avait presque hurlé : "Nous sommes innocents, je vous le jure", avant que le jury se retire pour délibérer pendant un peu plus de quatre heures et demi. "Je suis très ému. C'était un procès historique et noble. Toutes les victoires sont belles mais celle-ci est exceptionnelle", s'est réjouit Me Abratkiewicz qui avait, dans sa plaidoirie, craint un "crime judiciaire en cas de condamnation"

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