Prison ferme en appel pour les "patrons voyous" de Samsonite

La cour d'appel de Paris confirme les peines de prison ferme, un à deux ans, infligées en première instance aux deux repreneurs de l'usine Samsonite d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Ils étaient partis avec 2,5 millions d'euros, provoquant la faillite de leur entreprise.

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Au cours de l'audience en mai dernier, l'avocat général avait appelé à "ne pas oublier la souffrance des 200 salariés qui, aujourd'hui, vivent pour la plupart dans la précarité". Plus des trois-quarts d'entre eux n'avaient pas encore retrouvé de travail, près de cinq ans après la liquidation de leur entreprise.

La cour d'appel a suivi, confirmant les peines infligées en première instance : deux ans de prison ferme pour l'ancien secrétaire général de l'usine Jean-Michel Goulletquer, et un an ferme pour l'ancien PDG Jean-Jacques Aurel. Olivier Walter, un ancien directeur financier de Delsey, devenu consultant, écope lui de 18 mois de prison ferme.
Tous les trois devront payer solidairement 2,5 millions d'euros de dommages et intérêts, la somme qu'on leur reproche d'avoir détournée, provoquant la faillite de l'entreprise. 

En 2005, le bagagiste américain Samsonite avait cédé son site d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) pour un euro symbolique à une structure baptisée HB Group. L'usine devait se reconvertir dans la fabrication de panneaux photovoltaïques. Au passage, les repreneurs avait perçu cinq millions d'euros de Samsonite pour soutenir ce projet de reconversion.
Mais aucun panneau photovoltaïque n'est jamais sorti de l'usine.
Deux ans plus tard, les repreneurs liquidaient l'affaire et licenciaient les 205 salariés. L'enquête devait mettre en évidence quelque 2,5 millions d'euros de prélèvements frauduleux dans les caisses.