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Petroplus soupçonné de faillite frauduleuse

Une enquête a été ouverte pour "banqueroute par détournement d’actifs". Mercredi, le site français de Petit-Couronne a été placé en redressement judiciaire.

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France Télévisions
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La raffinerie Petroplus de Cressier (Suisse), le 17 octobre 2010. (HAROLD CUNNINGHAM / GETTY IMAGES)

Une enquête préliminaire sur la faillite de Petroplus a été ouverte jeudi 26 janvier par le procureur de la République de Nanterre, pour "banqueroute par détournement d’actifs". L'information, révélée par Europe 1, a été confirmée par une source judiciaire. Selon la radio, "la maison mère de la raffinerie suisse aurait vidé les comptes, précipitant la cessation de paiement de la raffinerie de Petit-Couronne". Petroplus dément.

Les syndicats "pas surpris"

L'enquête a été ouverte sous le soupçon que le compte bancaire de Petroplus-France a été amputé d'une centaine de millions d'euros. Selon Europe 1, deux perquisitions ont été menées mercredi matin par la brigade financière de la police judiciaire parisienne, la première au siège de la filiale française de Petroplus à La Défense, la seconde à la Deutsche Bank où la société a ses comptes.

L'enquête "ne surprend pas" les syndicats, qui "soutiennent cette action", a affirmé Christelle Denouette, élue CGT au comité d'entreprise de la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime).

Mercerdi, le tribunal de commerce de Rouen a placé le site français en redressement judiciaire pour six mois, après le dépôt de bilan par la direction, mardi.

Trouver un repreneur pour relancer l'activité

Cette raffinerie, qui emploie 550 personnes, est à l'arrêt depuis début janvier, peu après le gel par les banques des lignes de crédit de Petroplus. Un administrateur et un mandataire judiciaires, désignés par le tribunal, sont désormais chargés de rechercher toutes les solutions permettant une relance de l'activité avec un éventuel repreneur. 

Selon l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC, les autres entités de Petroplus en France - la raffinerie de Reichstett (Bas-Rhin) à l'arrêt depuis juin 2011, la division marketing et la holding, toutes deux basées à la Défense (Hauts-de-Seine) - devraient connaître le même sort.

Une procédure qui garantit le versement des salaires

L'ouverture de cette période de redressement judiciaire s'accompagne, selon l'intersyndicale, de l'activation du Fonds national de garantie des salaires (FNGS), qui permettra d'assurer la paie du personnel. "Une mise en faillite nous aurait privés de tous nos droits", a assuré Jean-Luc Brouté, secrétaire du syndicat CGT de la raffinerie.

Le groupe compte quatre autres raffineries, elles aussi concernées par la menace de faillite, à Anvers (Belgique), Cressier (Suisse), Coryton (Royaume-Uni) et Ingolstadt (Allemagne).

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