"Nous avons été traitées comme des criminelles" : trois touristes originaires d'Amérique du sud placées en centre de rétention

Trois touristes sud-américaines sont arrêtées à fin du mois de juillet par la police aux frontières de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, pour être ensuite placées en rétention à Paris puis Oissel près de Rouen sans motif valable.

Le centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot, près de Roissy, le 4 juin 2007 (illustration).
Le centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot, près de Roissy, le 4 juin 2007 (illustration). (JOEL SAGET / AFP)

Trois touristes originaires de Colombie et du Venezuela ont été interpellées à l'aéroport Charles de Gaulle fin juillet et ensuite placées en centre de rétention à Paris puis à Oissel, en Seine-Maritime, révèle lundi 19 août matin France Bleu Normandie.

Wilma, une touriste vénézuélienne, Liliana et Jennifer, deux touristes colombiennes sont arrivées en France à des dates différentes, entre le 22 et le 29 juillet. Elles ne se connaissent pas, elles n'avaient pas pour projet de rester en France : elles sont en transit à l'aéroport et doivent prendre une correspondance, soit pour Genève soit pour Madrid.

Placées en garde à vue puis en rétention administrative

Les trois touristes sont contrôlées par la police aux frontières à l'aéroport de Roissy, elles sont ensuite placées en garde à vue puis en rétention administrative. Les raisons sont différentes pour chacune des touristes. Les agents de la police aux frontières reprochent par exemple à Wilma, qui doit se rendre à Genève, de ne pas avoir une attestation d'hébergement en Suisse (obligatoire pour les touristes étrangers entrant dans l'espace Shengen). Jennifer et Liliana, elles, n'ont pas assez d'argent sur elles ou pas de réservations d'hôtel valides.

Wilma reste 12 jours en rétention, près de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Elle refuse de repartir à Caracas, comme lui proposent les autorités françaises, car elle devait aller voir son fils hospitalisé à Genève. Le 8 août, elle est transférée dans un autre centre à Oissel, au sud de Rouen, dans le même fourgon que les deux autres touristes, Liliana et Jennifer.

Nous avons été traitées comme des criminellesWilmaà France Bleu Normandie

Elles sont toutes les trois convoquées le 11 août au tribunal de Rouen. Lors de cette audience, le juge des libertés et de la détention est clair : rien ne justifiait un tel traitement. Pour lui, la rétention est irrégulière. Wilma, Lilianna et Jennifer sont donc libérées. Les trois touristes sont désormais sous le coup d'une procédure d'éloignement du territoire français. Elles sont pour l'instant hébergées par une association rouennaise.