Monsanto condamné pour l'intoxication d'un agriculteur français

Le géant américain des pesticides, Monsanto, a été condamné ce jeudi par la cour d'appel de Lyon. Il a été reconnu "responsable" de l'intoxication en 2004 d'un agriculteur charentais au Lasso, un herbicide pour le maïs. La firme a décidé de se pourvoir en cassation.

(Paul François, agriculteur intoxiqué par le Lasso, en décembre 2012 lors du premier procès à Lyon © MaxPPP)

C'est une première en France et une nouvelle victoire pour Paul François. Cet agriculteur charentais, céréalier à Bernac, est parvenu à faire condamné en appel à Lyon ce jeudi le géant américain de l'agroalimentaire, Monsanto, pour une intoxication qu'il a subie en 2004 en voulant nettoyer une cuve contenant du Lasso. Il a inhalé du gaz toxique, contenu dans cet herbicide pour le maïs, et a connu de gros soucis de santé dans les années qui ont suivi. 

"Le pot de terre peut gagner contre le pot de fer", s'est félicité Paul François. Sur France Info, il s'est dit soulagé par cette décision : " Ouf, les firmes ne sont pas au-dessus des lois. [...]  Ma vie est une épée de Damoclès en permanence, j'ai des lésions qui évoluent lentement."  Sur le pourvoi en cassation de Monsanto, Paul François s'est dit prêt : "je poursuivrais le combat jusqu'au bout et au moins on ne reviendra pas sur le fond".

"C'est un grand soulagement, après huit ans de combat" Paul François, l'agriculteur charentais intoxiqué par le Lasso de Monsanto
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Une indemnisation complète pour Paul François

En première instance, en 2012, le groupe avait déjà été reconnu "responsable" et devait "indemniser entièrement" le céréalier qui est resté partiellement handicapé. Paul François a encore aujourd'hui de graves troubles neurologiques, reconnus comme "maladie professionnelle" depuis 2010.

A l'audience de mai dernier, les représentants de Monsanto ont répété que le produit "n'était pas dangereux" et que les "dommages invoqués n'existent pas". Pour autant, le Lasso a été retiré de la vente en France en 2007, comme cela avait déjà été fait en 1985 au Canada et en 1992 au Royaume-Uni et en Belgique.

Monsanto bien décidé à poursuivre le combat judiciaire

Le groupe Monsanto a donc décidé de se pourvoir en cassation, pour établir si sur la forme une faute peut-être imputée à Monsanto. "Et il y aura aussi d'autres épisodes, a assuré l'avocat de Monsanto Me Jean-Daniel Bretzner. [...] Ce que demande Paul François c'est la réparation d'un préjudice qui n'est pas lié à une utilisation normale du produit, mais c'est lié à un accident et il est le seul dans cette situation."

"Des points fondamentaux n'ont été ni examinés, ni plaidés, ni jugés" Me Jean-Daniel Bretzner, avocat de Monsanto
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