Maubeuge : le déménagement nocturne de 400 détenus

A Maubeuge, dans le Nord, les 400 détenus de la prison sont en cours de transfert. L’évacuation exceptionnelle a été décidée dans la nuit de jeudi à vendredi après une coupure de courant liée à un incendie.

(La prison de Maubeuge en cours d'évacuation après une coupure de courant © MaxPPP)

C’est une situation exceptionnelle que vivent les gardiens et les détenus de la prison de Maubeuge, dans le Nord. Un incendie s’est déclenché jeudi. Il n’a pas fait de blessés mais il a occasionné des dégâts matériels. Le feu a endommagé un câble électrique et la prison s’est retrouvée dans le noir. La décision du transfert général a été prise en soirée mais il a fallu un certain temps pour l’organiser en toute sécurité. 

Des bus et des camionnettes pour les détenus

A 5h vendredi matin, les 170 détenus de la maison d’arrêt de Maubeuge avaient été évacués vers les prisons de Sequedin, Douai et Amiens, selon la localisation donnée par un responsable syndical de la pénitentiaire. Il restait encore à organiser le transfert des détenus du centre de détention, environ 230 prisonniers. L'organisation de leur déménagement a commencé en milieu de matinée.

Selon un représentant du syndicat pénitentiaire FO, Bernard Chalureau, les transferts sécurisés s’organisent lentement mais dans le calme. Les détenus sont emmenés vers d’autres établissements, en bus et en camionnette.

"Tout est calme, mais organisé. Vous savez, on ne prend pas un détenu pour l’amener devant une porte. Il doit être écroué. On lui donne une couverture, des draps. Il a fallu rappeler beaucoup de personnel."

"Tout se passe bien et la sécurité est maximale" (Bernard Chalureau, FO)
--'--
--'--
 

Des familles désorientées

Si la situation est compliquée pour l'administration pénitentiaire elle l’est aussi pour les familles des détenus concernés par ces transferts exceptionnels. Des parents, des épouses des prisonniers sont venus aux nouvelles ce matin devant la prison de Maubeuge, avec l’inquiétude d’un déménagement plus lointain qu’annoncé. "Mon mari a été transféré, je ne sais pas où il est " a déclaré l’épouse d’un détenu. Une autre se dit déçue, parce qu’elle devait le voir au parloir demain, "puisque sa permission pour les fêtes a été refusée ". 

 

Des témoignages de familles de détenus : un reportage de France Bleu Nord
--'--
--'--

Le déménagement d’urgence vers d’autres prisons devait se terminer à la mi-journée vendredi, sans qu'aucun calendrier n'ait été annoncé.