Cet article date de plus de quatre ans.

"Le ministère de la Justice n'a plus les moyens de payer ses factures", selon Urvoas

Le garde des Sceaux est inquiet. "Le risque existe que la justice se grippe", assure-t-il, au cours d'un entretien au "Journal du Dimanche".

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas après un conseil des ministres, le 24 mars 2016 à l'Elysée. (CITIZENSIDE/YANN KORBI / CITIZENSIDE / AFP)

"La justice est à bout de souffle. Le ministère n'a plus les moyens de payer ses factures." Un peu plus de deux mois après sa nomination, le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, dresse un constat sombre du système judiciaire français, dans un entretien au Journal du Dimanche, dimanche 3 avril. "Je connais même un tribunal où on n'imprime plus les jugements, parce qu'il n'y a plus d'argent pour les ramettes de papier", poursuit le ministre. "Le risque existe que [la justice] se grippe."

"La justice est en état d'urgence absolue"

Selon lui, l'administration pénitentiaire a 36 millions d'euros de factures impayées pour des hospitalisations de détenus et la dette de l'Etat vis-à-vis des prestataires auxquels la justice fait appel – interprètes, laboratoires d'analyses ADN ou experts – s'élève à 170 millions d'euros.

Jean-Jacques Urvoas avait déjà jugé que son ministère se trouvait "en permanence au bord de l'embolie", lors de la passation de pouvoirs avec Christiane Taubira, le 27 janvier. A l'époque, il s'était engagé à obtenir des "moyens conséquents" pour son ministère, d'ici à la fin du quinquennat. "Depuis que je pousse la porte des juridictions, je dis plutôt que [la justice] est sinistré[e], précise-t-il aujourd'hui, en état d'urgence absolue comme disent les médecins".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.