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La police lyonnaise tente de mettre un terme aux rumeurs après une série de viols

Le directeur départemental de la sécurité publique du Rhône a décidé de prendre la parole mercredi. Il dit vouloir "casser ce processus négatif de rumeurs" engendré par cinq viols perpétrés à Lyon depuis octobre dernier. Deux universités lyonnaises avaient appelé le mois dernier à la vigilance.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

La rumeur court. Et quand elle court trop vite, elle
déforme, ce qui gêne le travail des enquêteurs. C'est ce qu'a voulu expliquer
mercredi Albert Doutre. Le directeur départemental de la sécurité publique du
Rhône n'hésite pas à la dire : "[...] un début de psychose est en
train de se mettre en place"
. La raison de cette "psychose"  ?
Cinq agressions sexuelles, entre octobre 2012 et fin janvier 2013, dans le
huitième arrondissement de Lyon. L'agresseur, masqué et muni d'une arme
blanche, s'en est pris à des jeunes femmes entre 20 et 25 ans, la nuit, dont
trois sont des étudiantes. La série noire avait poussé les universités Lyon-1
et Lyon-3 à envoyer un mail à ses 30.000 étudiants et membres du personnel le
mois dernier, appelant à la prudence.

Les rumeurs les plus folles

Mais depuis, les propos se sont largement déformés, et les
rumeurs les plus extravagantes ont émergé, via notamment les réseaux sociaux.

"On a parlé d'une sixième victime, d'un agresseur au
sourire de l'ange ou du joker, de victimes uniquement blondes incitant du coup
des jeunes femmes à se teindre en brunes, d'un portrait-robot qui n'existait
pas."

Albert Doutre parle d' "aberrations" , d'une
médiatisation obligeant les forces de l'ordre à "revoir [leur]
dispositif, car elle a rendu délicate [leur] possibilité d'action sur le
terrain"
.

Le directeur départemental de la sécurité publique parle
même de groupuscules d'extrême-droite, comme le GUD, s'emparant de l'affaire pour imaginer la
création d'une milice toute personnelle.

Mobilisation associative

La peur, et la colère, vont même très loin. La Confédération
étudiante
de Lyon et le mouvement Ni Putes Ni Soumises (NPNS) ont appelé à un
rassemblement ce jeudi à l'université Lyon-3. Dans un communiqué, ils
expliquent leur initiative : "Nous comprenons le besoin de
discrétion des enquêteurs mais nous déplorons l'improvisation dans la gestion
de cette affaire, cela met en évidence l'absence cruelle de prévention auprès
des étudiantes les plus fragiles"
. Des membres de l'association NPNS ont distribué des tracts devant l'établissement jeudi matin.

Pour "laisser aux enquêteurs les chances
de pouvoir interpeller l'individu"
, le patron de la sécurité publique du
Rhône ne jure que par la discrétion.

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