La députée PS Sylvie Andrieux condamnée à trois ans de prison, dont un ferme

Elle est accusée d'avoir détourné environ 740 000 euros de subventions de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), dont elle était vice-présidente à l'époque des faits, entre 2005 et 2008. 

Sylvie Andrieux, députée PS des Bouches-du-Rhône, le 3 mai 2013 à Marseille.
Sylvie Andrieux, députée PS des Bouches-du-Rhône, le 3 mai 2013 à Marseille. (PASCAL POCHARD / SIPA)

Elle risquait jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d'amende pour détournement de fonds publics. La députée PS des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux a été condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis, 100 000 euros d'amende et à cinq ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel de Marseille, mercredi 22 mai. Ses avocats ont décidé de faire appel de cette décision, ont indiqué nos confrères de France 3 Provence-Alpes.

Le procureur avait requis deux ans de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. Francetv info revient sur cette condamnation qui met le PS dans l'embarras. 

Que lui était-il reproché ?

Sylvie Andrieux était jugée, aux côtés de 21 autres prévenus, pour avoir détourné environ 740 000 euros de subventions de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont elle était vice-présidente en charge de la politique de la ville au moment des faits, entre 2005 et 2008. 

L'élue était accusée d'avoir présenté au vote du conseil régional des dossiers de demandes de subventions d'associations fictives, afin de pouvoir rétribuer des personnes l'ayant aidée à s'implanter et à se faire élire dans certains quartiers. Ces "structures fictives avaient été montées par des caïds dans des cités pour réclamer des subventions du conseil régional", résume Libération. Deux de ces personnes ont écopé de peines de trente mois de prison ferme pour l'un, trois ans dont un ferme pour l'autre, poursuit le site du quotidien.

Comment avait-elle été mise en cause ? 

L'enquête a débuté en 2007, après que l'organisme Tracfin –qui dépend de Bercy– a remarqué que de jeunes associations percevaient d'importantes sommes d'argent alors qu'elles n'avaient pas d'adhérents.

L'un des plus proches collaborateurs de Sylvie Andrieux, Rolland Balalas, avait alors accusé l'élue d'utiliser "sans discernement les fonds publics", rapportait Le Point. Interrogée à la barre le 15 mai, elle a accusé ce dernier "d'avoir monté un complot", a rapporté Libération. Rolland Balalas a écopé, pour sa part, de trente mois avec sursis.

Quelles conséquences politiques ?

Mise en examen depuis l'été 2010, la députée socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux s'était vue retirer l'investiture du PS le 31 mai 2012. Entrée à l'Assemblée nationale en 1997, elle avait maintenu sa candidature dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône et avait été élue en juin pour un quatrième mandat consécutif. 

En raison de son appel, Sylvie Andrieux échappe pour l'instant à sa condamnation. Cependant, selon des informations du site Marsactu.fr, "sa mise en retrait du groupe socialiste au palais Bourbon va être demandée par son président Bruno Le Roux". Le site d'informations locales pose notamment la question de son avenir à l'Assemblée nationale, ainsi que celle de sa présence sur des listes à l'occasion de la primaire pour l'élection municipale dans la cité phocéenne.