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La justice annule deux condamnations pour meurtre, il s'agit de la 9e révision depuis 1945

Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri ont été condamnés par erreur à 20 ans de réclusion pour un assassinat commis à Lunel (Hérault) en 1997.

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Abderrahim El-Jabri (à droite), accueilli à sa sortie de prison le 16 avril 2011 par Abdelkader Azzimani, libéré deux ans plus tôt dans la même affaire, à Montpellier (Hérault).  (MAXPPP)

Ils attendaient cette décision depuis longtemps. Deux hommes condamnés pour meurtre à 20 ans de réclusion, Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri, ont obtenu mercredi de la Cour de révision l'annulation de ce verdict prononcé en 2003, en raison des aveux de deux autres suspects. Les deux hommes, âgés de 47 et 46 ans, ont été condamnés par erreur en 2003 à 20 ans de prison pour l'assassinat d'Abdelaziz Jhilal. Ce petit dealer de cannabis âgé de 22 ans avait été retrouvé lardé de 108 coups de couteau à Lunel (Hérault) en 1997.

"On est contents d'être enfin reconnus innocents. C'est comme si cette peine n'avait jamais existé, mais j'ai quand même été en prison", a réagi Abderrahim El-Jabri, contacté par francetv info.

Un procès en révision pour être acquitté

Les deux hommes seront rejugés d'ici la fin de l'année 2013 par la cour d'assises de Nîmes (Gard). Leur procès en révision leur permettra d'être acquittés. "On attend ce moment avec impatience. On pourra enfin faire valoir nos droits. On pourra faire le vide dans nos têtes", a commenté à propos du procès Abderrahim El-Jabri.

Roger-Marc Moreau, détective, joint par francetv info, s'est également dit "très heureux" de cette décision. "Ce dénouement est une très grande victoire", a ajouté ce criminaliste, qui a contribué à faire tomber les charges contre Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri.

Depuis 1945, la procédure de révision n'a abouti qu'à huit acquittements, le dernier en date étant celui de Marc Machin, acquitté d'un meurtre sur le pont de Neuilly (Hauts-de-Seine) à l'issue de son procès en révision en décembre dernier.

Une "série de miracles"

Depuis leur arrestation, les deux hommes n'ont eu de cesse de clamer leur innocence. Mais au départ de l'enquête, tout les accuse : Abdelkader Azzimani et Abderrahim El-Jabri sont identifiés par un témoin comme les auteurs du crime. Eux-mêmes reconnaissent avoir été parmi les derniers à rencontrer la victime, à qui ils ont livré cinq kilos de cannabis. En 2004, la peine est confirmée en appel, malgré une étrange requalification du chef d'accusation en "complicité" d'homicide. 

Une série de "miracles", selon leurs avocats, permettent ensuite aux deux hommes de faire entendre leur voix : le revirement de l'extravagant témoin à charge, qui pousse la justice à rouvrir le dossier en 2009, puis le versement tardif de traces d'ADN figurant dans les scellés au fichier des empreintes génétiques qui a permis de confondre les nouveaux suspects. En 2011, un manutentionnaire de 30 ans et un directeur de centre de loisirs de 33 ans sont arrêtés et mis en examen pour l'assassinat de Abdelaziz Jhilal. Les deux condamnés sont enfin disculpés.

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