Jusqu'à neuf ans de prison pour les voleurs de tableaux de Nice

Cinq hommes ont été reconnus coupables vendredi d'avoir dérobé deux Bruegel, un Monet et un Sisley. Qui sont ces malfaiteurs ? FTVi fait le point.

Trois tableaux de Bruegel, Sisley et Monet retrouvés en juin 2008 à Marseille (Bouches-du-Rhône), après leur vol en 2007 au Musée des Beaux arts de Nice. 
Trois tableaux de Bruegel, Sisley et Monet retrouvés en juin 2008 à Marseille (Bouches-du-Rhône), après leur vol en 2007 au Musée des Beaux arts de Nice.  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Ils affirmaient être tombés dans un piège du FBI. Cinq hommes ont été reconnus coupables du vol de quatre tableaux de maîtres au musée des Beaux-Arts de Nice et condamnés vendredi 2 décembre par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à des peines allant de deux à neuf ans de prison. 

Les accusés ont eux-même reconnu lors du procès avoir dérobé le dimanche 5 août 2007 vers 13 heures deux Bruegel, un Monet et un Sisley au musée Jules Chéret, l'un des plus grands vols de tableaux jamais commis en France, pour un montant de 22 millions d'euros. Ils nient avoir été armés, contrairement aux témoignages des employés. 

FTVi dresse le portrait des malfaiteurs.

• Pierre-Noël Dumarais, 64 ans, le cerveau de l'opération : neuf ans 

Durant le procès, ce sexagénaire surnommé "le Niçois", à l'allure soignée et cheveux grisonnants, a cherché à minimiser son passé judiciaire, lourd de huit condamnations entre 1971 et 1994. 

Appelé à se décrire par le président de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Tournier, il se dit "opportuniste, mais assez droit, respectueux de la vie humaine". Diplômé d'un Deug de droit obtenu en détention, il a peu travaillé dans sa vie (à peine plus d'un an), préférant "cueillir les billets sur les arbres", mais "sans violence et sans arme".

L'homme assure avoir "été aiguillonné par le FBI pour aller voler les tableaux" de Nice.

• Bernard Ternus, l'intermédiaire absent du procès 

Originaire de Bandol, il est installé à Miami depuis 2007. C'est lui qui a mis en contact les malfaiteurs français avec un agent infiltré du FBI, qui se faisait passer pour un marchand d'art véreux, comme le raconte L'Express, afin de récupérer des œuvres volées au musée Gardner de Boston en mars 1990, dont un Vermeer et un Rembrandt.

C'est lors de la transaction finale que les cinq voleurs seront arrêtés et les œuvres récupérées, le 4 juin 2008 à Marseille et sa région, peu avant l'interpellation de Ternus en Floride. 

Condamné en septembre 2008 aux Etats-Unis à cinq ans et deux mois de prison pour sa participation à la négociation, ce dernier est détenu à Miami. 

• Patrick Chelelekian, le "copilote" de 59 ans : huit ans

Il lui est reproché d'avoir mis en contact ses complices avec Bernard Ternus.

Surnommé "l'Arménien", il a rencontré Pierre-Noël Dumarais "sur les terrains de boules de Bandol et Sanary" (Var). Un temps coiffeur pour femmes, puis gérant d'un hôtel dans la région parisienne, Patrick Chelelekian, incarcéré à Toulon, avait été impliqué avant les faits dans des affaires de stupéfiants. Ancien "accro à la cocaïne", il se qualifie lui aussi de "non-violent", ayant "en horreur le sang et la brutalité", et dit "regretter de s'être laissé entraîner" dans cette aventure.

• Lionel Ritter, Patrice Lhomme, Grégory Moullec : deux à quatre ans

Leurs complices, qui comparaissaient libres, ont été condamnés à quatre ans de prison pour Lionel Ritter, décrit comme "le parfait homme de main", à trois ans pour Patrice Lhomme, "en première ligne dans les négociations" selon l'avocat général, et à deux ans pour Grégory Moullec, le seul à ne pas retourner en détention.