Infanticide : "Sanctionnez cette femme sans oublier qu’elle est malade" (avocat du père)

Place aux plaidoiries des parties civiles ce jeudi dans le procès de cette mère aux Assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer. Fabienne Kabou est jugée pour avoir abandonné sa petite fille à la marée montante en novembre 2013 sur la plage de Berck-sur-mer.

(Michel Lafont, père d'Adélaïde et son avocat Maitre Christian Saint-Palais © Maxppp)

Après le psychiatre Daniel Zagury ce matin, l'avocat du père de la petite Adélaïde, maître Christian Saint-Palais, est allé dans le même sens : Fabienne Kabou est une femme malade. Les jurés ont alors écouté les plaidories bienveillantes des avocats des parents de Fabienne Kabou. Elles l’ont longuement fait pleurer dans le box.

Et puis a résonné la voix puissante de Christian Saint-Palais, l’avocat de Michel Lafont, le père d’Adélaïde. "Ce corps sur la plage qui a refusé d’être englouti par la mer, ce corps sur la plage c’est le triomphe d’Adélaïde sur le délire de sa mère. " Car oui, pour Christian Saint-Palais, son client est sur le banc des parties civiles. "Il est la victime première d’un crime horrible. Mais il ne se plaint pas, il n’a qu’une exigence. Que la Justice soit bien rendue. "

"Il y a une psychose chez cette femme"

Alors le pénaliste s’adresse aux jurés. Il prend le chemin de la pédagogie, car juger cette femme est difficile. "N’ayez pas peur de dire ", lance-t-il à la Cour, "je fais confiance aux psychiatres qui sont venus m’aider à prendre une décision. " "Il y a une psychose chez cette femme ", gronde maître Saint-Palais.

"Vous avez peut être éprouvé du dégout pour elle. Mais il faut vous en défaire demain. " "Il y a des cours d’assises qui ont refusé de s’incliner devant la maladie mentale ", conclut l’avocat de Michel Lafont. "Vous avez un devoir : sanctionner cette femme sans oublier qu’elle est malade. "

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