Elle reçoit plus de 6 000 euros d'amendes alors que c'est la police qui utilise sa voiture

La voiture d'une habitante du Nord a été saisie lors d'une enquête. Depuis, c'est la PJ de Versailles qui l'utilise mais la carte grise est toujours à son nom.

Une habitante du Nord se retrouve avec 6 000 euros d\'amendes à payer alors que c\'est la police qui utilise sa voiture.
Une habitante du Nord se retrouve avec 6 000 euros d'amendes à payer alors que c'est la police qui utilise sa voiture. (PHILIPPE VACHER / MAXPPP)

"Je pleure tout le temps, je le vis très mal" : une habitante du Nord, qui s'est vue confisquer son véhicule en 2015 dans le cadre d'une enquête, reçoit depuis contravention sur contravention. La voiture avait été remise à la police judiciaire de Versailles qui l'utilise mais la carte grise est toujours au nom de la jeune femme. Elle se retrouve aujourd'hui avec plus de 6 000 euros d'amendes sur les bras, des saisies sur salaire et des frais bancaires.

Elle doit emprunter pour rembourser

"La semaine dernière on m'a retiré 2 000 euros", raconte cette jeune femme qui a préféré garder l'anonymat. Elle assure gagner un Smic et ne plus s'en sortir financièrement à cause de cette affaire. "Mon père me prête de l'argent, je suis tout le temps en train de demander à tout le monde. Combien de temps ça va prendre pour qu'on me rembourse tout ça ?", questionne-t-elle.

Son avocate envisage d'assigner l'État

L'affaire commence en 2015, lorsque la voiture de la jeune femme est confisquée dans le cadre d'un trafic de stupéfiants à Valenciennes. L'enquête vise l'un de ses frères. "Cette dame a fait parfois l'objet de traitements de défaveur, estime son avocate. Je pense que malheureusement, elle a porté ce nom-là, et que le magistrat instructeur qui était en charge du dossier, dans lequel elle avait elle aussi été mise en examen, n'avait pas très envie de l'aider".

"J'ai du mal à comprendre qu'on ne traite pas les choses, poursuit son avocate. Je reçois des mails de magistrats qui me disent qu'ils vont regarder ça, je les relance et on ne me répond même plus". Elle envisage désormais d'assigner l'État pour faute. Le tribunal de Valenciennes n'a pas souhaité répondre aux sollicitations de franceinfo.