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Dominique de Villepin a affirmé mercredi qu'un homme politique ne pouvait avoir trempé dans l'affaire Clearstream

Une telle implication aurait "signé sa mort" politique, a-t-il lancé lors d'une journée de confrontation au tribunal correctionnel de Paris entre l'ancien Premier ministre, Imad Lahoud, Jean-Louis Gergorin, et le général Rondot.Ce dernier a maintenu ses premières déclarations de lundi : "je n'ai pas de raison d'inventer", a-t-il déclaré.
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France Télévisions Rédaction Culture
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Dominique de Villepin au proècès Cleartstream, le 07 octobre 2009 (AFP/MARTIN BUREAU)

Une telle implication aurait "signé sa mort" politique, a-t-il lancé lors d'une journée de confrontation au tribunal correctionnel de Paris entre l'ancien Premier ministre, Imad Lahoud, Jean-Louis Gergorin, et le général Rondot.

Ce dernier a maintenu ses premières déclarations de lundi : "je n'ai pas de raison d'inventer", a-t-il déclaré.

A l'issue de ce 9e jour d'audience, la repreise du procès à a été fixé au lundi 12 octobre.

L'ancien Premier ministre a fait appel à son éloquence en fin d'audience dans une grande tirade destinée à rejeter solennellement l'accusation de "complicité de dénonciation calomnieuse" contre Nicolas Sarkozy, qui est plaignant.

"Toute l'histoire de ma relation avec Nicolas Sarkozy montre que, non seulement, je n'ai pas voulu régler des comptes, mais que j'ai fait abstraction des coups qui m'étaient portés", a dit-il répondu à une question du procureur.

Il a expliqué qu'il s'était contenté de demander une enquête le 9 janvier 2004 au général Philippe Rondot sur de faux listings de comptes bancaires de la société Clearstream et qu'il n'avait jamais été question de Nicolas Sarkozy.

"On ne complote pas, on ne commet pas de dénonciation calomnieuse quand on est un homme politique sur la base d'une demande d'enquête au général Rondot", a-t-il dit.

A ses yeux, le général aurait dû réaliser qu'Imad Lahoud, qui avait produit les listings, était un imposteur. Imad Lahoud était en effet parvenu à se faire recruter à la DGSE (les services secrets) en se disant détenteur de secrets.

"J'apprécie les hommes qui, dans l'ombre, se mettent au service de l'Etat. Mais cette source était infiltrée dans l'appareil d'Etat et au sommet de l'Etat", a dit Dominique de Villepin, regardant le témoin debout à côté de lui.

L'ancien Premier ministre a reproché à Philippe Rondot, chargé d'enquêter sur les listings en 2004, d'avoir poursuivi son travail après le placement en garde à vue en mars 2004 de sa source, Imad Lahoud, dans une autre affaire. "Ce jour-là, Imad Lahoud était en garde à vue pour faux et escroquerie. Ce 25 mars, tout aurait pu s'arrêter", a ajouté Dominique de Villepin.

Confrontation musclée
Plus tôt, dans une ambiance pour le moins dissipée, le président Dominique Pauthe avait commencé par confronter les faussaires présumés, Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, au général Rondot.

Le mathématicien Imad Lahoud qui semblait mercredi soir avoir vu sa crédibilité la plus sérieusement écornée. Il a répété avoir agi "à la merci" de Gergorin, qui "voulait à tout prix que le général Rondot pousse ses enquêtes sur ces histoires de listings Clearstream ".

"Je confirme avoir donné" des documents au général Rondot "sur demande de Jean-Louis Gergorin", a-t-il dit. Mais "je n'ai pas rajouté les noms, je n'ai pas falsifié les fichiers". "Tout venait d'Imad Lahoud ! C'est une aberration ce qu'il dit", lui a répondu l'ancien responsable d'EADS.

Etrange attitude également d'Imad Lahoud à l'égard de son ancien officier traitant, le général Rondot : tantôt il l'accuse de mentir devant le tribunal, tantôt il lui présente ses plus plates excuses, pour l'avoir "trompé" en 2004 alors que le militaire l'avait toujours "très bien traité et respecté".

Jean-Pierre Raffarin à la barre
Interrogé comme témoin au neuvième jour du procès de l'affaire, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a assuré avoir été tenu dans l'ignorance des actions entreprises par son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin, sur les faux listings Clearstream, en 2004.

Jean-Pierre Raffarin a déclaré à la barre qu'il n'avait appris tout cela qu'au printemps 2006 dans la presse.

Dominique de Villepin l'aurait seulement prévenu le 5 juillet 2004 de la parution prochaine dans un magazine du premier article sur l'affaire.

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