La ville de Montreuil ferme un local où Dieudonné se produisait clandestinement

Le polémiste donnait, depuis mi-octobre, des représentations plusieurs fois par semaine dans ce local et prévoyait de les poursuivre jusqu'à mi-décembre.

Dieudonné, le 12 mars 2015 au palais de justice de Paris.
Dieudonné, le 12 mars 2015 au palais de justice de Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Le maire PCF de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a pris, jeudi 15 novembre, un arrêté afin de fermer un local privé où se produisait clandestinement le polémiste Dieudonné. La ville "a été informée de la tenue de séances du spectacle de Dieudonné dans des locaux privés situés sur son territoire", ne figurant pas sur la liste des établissements recevant du public (ERP), indique-t-elle dans un communiqué.

Dieudonné, plusieurs fois condamné pour injure raciale, incitation à la haine et apologie du terrorisme, avait commencé mi-octobre à se produire plusieurs fois par semaines dans ce local, et prévoyait de poursuivre jusqu'à mi-décembre, précise la municipalité. "Le passage de la commission de sécurité sur le lieu où se déroulent les représentations était le meilleur moyen à la disposition de la ville de s'opposer légalement à leur tenue", explique le maire Patrice Bessac, dans le communiqué.

Montreuil fait le choix de "l'action discrète mais efficace"

Après le passage de la commission de sécurité, le maire a décidé de prendre un arrêté de "fermeture provisoire des locaux", rendu exécutoire immédiatement. "En cas de non-respect de cet arrêté, la ville de Montreuil saisira la juridiction compétente afin de faire respecter l'arrêté, et ce dans les plus brefs délais", prévient-elle.

Le maire, qui "condamne fermement les propos antisémites tenus dans ses spectacles" par Dieudonné, dit avoir "volontairement fait le choix de l'action discrète mais efficace, plutôt qu'une communication large et non sécurisée juridiquement, qui n'aurait eu comme conséquence que de lui faire une plus grande publicité".

Depuis 2002, Dieudonné a fait l'objet de nombreuses procédures judiciaires. Il a notamment été condamné, en mai 2016, à 2 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour "injure raciale et provocation à la haine", en raison de propos antisémites tenus dans son spectacle La Bête immonde.