"Je me sens Charlie Coulibaly" : Dieudonné condamné à deux mois de prison avec sursis

Le polémiste avait écrit cette phrase au soir du 11 janvier après la marche historique contre les attentats qui ont frappé "Charlie Hebdo" et le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

Dieudonné au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015.
Dieudonné au palais de justice de Paris, le 12 mars 2015. (LOIC VENANCE / AFP)

Dieudonné a été condamné à deux mois de prison avec sursis, mercredi 18 mars, pour apologie d'actes de terrorisme, par le tribunal correctionnel de Paris. Le polémiste avait écrit "Je me sens Charlie Coulibaly" dans un post sur Facebook, le 11 janvier, au soir de la marche historique après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Le parquet avait demandé 30 000 euros d'amende. Le polémiste encourait jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 10 000 euros d'amende, car les faits présumés ont été commis en ligne.

Le 11 janvier dernier, au soir d'une grande marche citoyenne en hommage aux victimes des attentats, le polémiste avait écrit qu'il se sentait "Charlie Coulibaly", détournant le slogan "Je suis Charlie", en référence à l'un des trois auteurs des attaques, Amedy Coulibaly, qui a tué une policière et quatre clients juifs de l'épicerie casher. Ses propos avaient ensuite été retirés de sa page Facebook.

"Un malentendu énorme", selon Dieudonné

Interrogé sur la raison pour laquelle il avait associé "Charlie" à "Coulibaly", et non "Kouachi", du nom des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo, Dieudonné avait expliqué avoir choisi Coulibaly car celui-ci a tué une policière d'origine martiniquaise "qui ressemble trait pour trait à [sa] fille."

Dans une vidéo de plus de dix minutes, publiée sur YouTube le 25 janvier, Dieudonné était longuement revenu sur le sens de sa formule. "Je me sens Charlie Coulibaly" n'était, selon le polémiste, qu'une "petite saillie drôlatique". Il disait déplorer un "malentendu énorme" : "Charlie Coulibaly était une formule de paix, (...) une parole de paix dans une période de guerre." Une défense maintenue au tribunal, début février.