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L'Etat accorde un sursis à Neo Sécurité

Un délai supplémentaire pour l'examen des projets de reprise a été accordé après la décision des pouvoirs publics d'étudier le report de la date d'exigibilité de certaines charges.

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Un contrôle de passagers avant embarquement, activité dans laquelle est spécialisé Neo sécurité, le 20 avril 2006 à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. (JACK GUEZ / AFP)

La société de gardiennage Neo Sécurité, qui s'est déclarée en cessation de paiement le 24 avril, va pouvoir souffler un peu. Les pouvoirs publics ont en effet décidé d'étudier le report du paiement de certaines charges par l'entreprise. "Ce report doit permettre l'examen courant mai des différents projets de reprise" du numéro 2 de la sécurité en France, a indiqué le ministère de l'Industrie mercredi 2 mai.

Du coup, Neo Sécurité a annoncé dans la foulée avoir retiré sa déclaration de cessation de paiement déposée auprès du tribunal de commerce de Paris. "L'audience prévue jeudi à 10 heures, qui n'a plus d'objet, devrait donc être annulée, évitant ainsi un redressement judiciaire dont les conséquences auraient pu être désastreuses", a relevé le groupe. Le tribunal a toutefois précisé à l'AFP que l'audience prévue aurait lieu dans tous les cas.

Erreurs de gestion et "dérives"

Née en mars 2009 de la reprise des activités françaises, très déficitaires, du groupe britannique G4S, l'entreprise Neo Sécurité devait subir une restructuration dans la foulée. L'opération ayant pris du retard, elle avait été placée en procédure de sauvegarde en mars 2011. Son président, Jean-Michel Houry, ancien de la Brink's, assure que son entreprise a besoin d'un prêt-relais de 15 millions d'euros pour continuer à fonctionner.

Ce dernier, critiqué par les syndicats pour son salaire et sa gestion, "s'est engagé à quitter ses fonctions sans indemnité dans le cadre [d'une] cession", a précisé le ministère. Un audit syndical sur la gestion de la société, dont fait état mercredi le quotidien Le Parisien (article payant), mentionne des erreurs et des "dérives". Le document évoque notamment des prix cassés et des contrats à perte, qui ont mené l'entreprise à des "pertes abyssales" en 2009 et 2010. Selon ce rapport, Neo Sécurité a perdu 198 clients en 2009 en raison de sa mauvaise gestion.

Un ancien cadre du groupe dénonce dans Le Parisien "les nombreuses missions de consultants, payées environ 2 000 euros la journée, ou ces 25 000 euros déboursés tous les deux mois pour payer une société de recouvrement inutile". Cet ex-salarié évoque aussi des surfacturations de clients.

Sauver les 5 100 emplois

C'est dans ce contexte que l'Etat a promis d'aider Néo Sécurité à sauver ses 5 100 salariés sous certaines conditions. "L'objectif du gouvernement est la préservation du plus grand nombre possible d'emplois et la mise en place d'un projet de développement ambitieux pour cette entreprise", a relevé le ministère de l'Industrie.

Le gouvernement a ainsi "engagé des discussions avec plusieurs repreneurs potentiels pour Neo Sécurité". Des groupes de premier plan comme Securitas ou Fiducial ont été évoqués, mais aussi des consortiums d'entreprises locales, et des fonds d'investissement. 

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