"Choix du prince" ou "transparence" ? La Chancellerie relance un appel à candidatures pour succéder à François Molins

François Molins doit quitter le parquet de Paris en novembre, mais le nom de son successeur n'est toujours connu. Les candidatures déjà exprimées ont été écartées. Certains observateurs interprètent ce nouvel appel à candidature comme une intervention de l'Elysée. 

François Molins, procureur de la République de Paris, le 30 janvier 2018.
François Molins, procureur de la République de Paris, le 30 janvier 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

On ne connaît toujours pas le successeur du procureur de la République de Paris, François Molins, amené à quitter ses fonctions en novembre prochain. Un nouvel appel à candidatures vient d'être lancé et ce petit événement suscite beaucoup d'interrogations sur le thème : l'Élysée cherche-t-il à imposer un futur procureur qui lui convienne ? 

Une relance de procédure qui étonne 

La suspicion est née d'un appel à candidatures relancé lundi 24 septembre par la direction des services judiciaires à la Chancellerie. La procédure, notamment pour des procureurs de la République au final nommés par décret du chef de l'État, concerne l’attribution d’une dizaine de postes de magistrats, dont celui, très important, de procureur de la République de Paris.

L'initiative a surpris les observateurs du microcosme judiciaire car trois noms de magistrats, réputés compétents, circulaient avec insistance depuis la rentrée. "La manœuvre est grossière : la direction des services judiciaires tente de déguiser le choix du prince en une prétendue transparence, qui intervient bien trop tardivement pour être réelle", écrit dans un communiqué le Syndicat de la magistrature (SM), qui voit donc le signe qu'aucun de ces candidats ne convenait à l'Élysée. Le syndicat en conclut qu'Emmanuel Macron a sûrement très envie de placer un fidèle à ce poste sensible.

Au moins un des candidats placé ailleurs 

Le procureur de Paris hérite souvent de grandes affaires politiques, tout en centralisant les dossiers de terrorisme, en tout cas en attendant la future création d'un parquet national antiterroriste, confirmée par le Premier ministre, Edouard Philippe le 13 juillet dernier.

Le Canard enchaîné qui paraît mercredi livre à peu près la même lecture des événements et affirme que le chef de l'Etat a "biffé", selon l’hebdomadaire, les noms des trois candidats initialement pressentis. L'un d'entre eux, Marc Cimamonti, vient d'ailleurs d'être nommé procureur général à la cour d'appel de Versailles. Le futur ex-procureur de Lyon n’est donc plus, de facto, candidat à Paris...