Chambon-sur-Lignon : la prison à perpétuité pour le meurtrier d'Agnès

La cour d'assises des mineurs de Haute-Loire a condamné vendredi soir Matthieu, 19 ans, pour l'assassinat et le viol de la jeune Agnès, 13 ans, en 2011, à la prison à perpétuité. L'avocate générale avait requis une peine de trente ans de prison.

(Maxppp)

La cour d'assises des mineurs de Haute-Loire, après quatre heures de délibération, est allée au-delà des réquisitions de l'avocate générale. Vendredi matin, cette dernière avait réclamé trente ans de prison à l'encontre de Matthieu, jugé pour le viol et l'assassinat d'Agnès, 13 ans, en novembre 2011, ainsi que pour le viol d'une autre jeune fille, âgée de 16 ans, un an plus tôt. Elle avait aussi réclamé une injonction de soins "sans limitation de durée ". Selon elle, Matthieu présente une personnalité "ultradangereuse ".

Mais le jeune homme de 19 ans, mineur au moment des faits, a finalement écopé de la réclusion criminelle à perpétuité ; une première pour un mineur depuis la condamnation de Patrick Dils en janvier 1989, peine effacée ensuite par un acquittement.

Une personnalité en question

Tout au long du procès, les débats ont porté sur la dangerosité du jeune homme, dangerosité écartée par un psychiatre montpelliérain après le viol sous la menace d'un couteau d'une jeune fille de 16 ans, en 2010. Plus tard, et malgré son casier, Matthieu avait été scolarisé au lycée Cévenol du Chambon-sur-Lignon. "Une insulte au bon sens " selon l'avocate générale.

Le père d'Agnès, présent lors du verdict, n'a pas voulu commenter l'issue du procès, mais s'est plutôt montré soulagé d'avoir "été entendu ".

Le verdict a été salué par quelques applaudissements dans la salle d'audience, au Puy-en-Velay. En face, le jeune condamné, comme depuis le début du procès à huis clos, n'a montré quasiment aucun signe d'émotion.