Carton rouge en justice pour une page Facebook anti-radar ?

Quinze personnes se retrouvent devant le tribunal correctionnel de Rodez ce mardi pour avoir bénéficié d’infos sur des radars postés en Aveyron. Elles proviennent d’une page Facebook que le procureur a décidé d’attaquer.

(Une page Facebook signale les radars, la légalité en question © maxPPP)

Pour s’"être soustraites à la constatation des infractions routières ", quinze personnes sont convoquées ce mardi au tribunal correctionnel de Rodez. Huit sont aussi poursuivies pour avoir insulté des gendarmes sur une page Facebook qui donne les emplacements des radars dans le département de l’Aveyron. La question va tourner autour de cette interrogation : la page en question peut-elle être considérée comme un détecteur de radar illégal ? Cette page est loin d'être la seule en France à traquer le radar. Ce procès inédit sera donc suivi de près...

Les administrateurs d'une page Facebook anti-radars dans le collimateur de la justice : le reportage de Stéphane Iglésis
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Les poursuites tiennent-elles la route ?

Le procureur de la République de Rodez estime qu’une page Facebook qui avertit de la présence de forces de l’ordre ou de radars au bord de la route est une atteinte au droit, puisque "des gens cherchent à échapper à la loi ". Rémy Josseaume, avocat spécialisé en droit routier défend neuf prévenus sur quinze. Il estime que les poursuites sont fragiles :

"Il n’y a pas à proprement parler d’interdiction de pouvoir communiquer l’emplacement de zones de danger ou de différents radars automatiques ou mobiles."

L’avocat s’appuie sur les nouvelles habitudes des gendarmes ou des policiers qui communiquent sur les réseaux sociaux pour signaler par exemple des opérations de contrôle. Maître Josseaume évoque aussi des revues spécialisées qui communiquent l’emplacement des radars. 

Une mortalité routière en forte hausse 

La Ligue contre la violence routière en Aveyron est d’un autre avis et se range derrière la démarche du procureur de Rodez "en saluant son courage ". Les associations de sécurité routière soulignent aussi que le nombre de morts dans le département a bondi de 126% en 2013 avec 34 tués contre 12 l’année précédente. La page Facebook incriminée dans ce procès n'est pas suspendue, un groupe plus discret a même été organisé pour échanger des informations routières plus discrètes et la page affiche plus de 10.000 membres...