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Brétigny-sur-Orge : l'acte de malveillance a priori écarté

Le Procureur de la République d'Evry a annoncé ce mercredi qu'une information judiciaire pour homicides et blessures involontaires avait été ouverte après la catastrophe de Brétigny-sur-Orge. Il a également déclaré que le basculement de l'éclisse semblait "être à l'origine de la catastrophe".
Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
  (Gonzalo Fuentes Reuters)

Le volet justice de l'accident
du train de Brétigny-sur-Orge
 vient de s'ouvrir. Le parquet d'Evry a annoncé
le lancement d'une information judiciaire pour homicides et blessures
involontaires. L'un des objectifs de cette information judiciaire "sera d'identifier chacune des victimes corporelles de cet accident et de permettre à ces victimes d'obtenir réparation ", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. 

Trois juges d'instruction ont été désignés pour la conduire."Leur
priorité
", selon Eric Lallement, le procureur de la République d'Evry,
sera sans doute "de diligenter des expertises métallurgiques sur le
matériel saisi (vis, éclisse, aiguillages et essieux des wagons qui on
percuté l'éclisse)
" juste après la catastrophe qui a fait six morts le 12 juillet dernier.

Cette conférence de presse intervient quelques heures après celle de la SNCF. Son président, Guillaume Pépy avait notamment détaillé les conclusions de la campagne de vérification des aiguillages, lancée au lendemain de l'accident de Brétigny-sur-Orge. Selon lui, il n'y avait pas de risque.

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L'acte de malveillance a priori écarté

Le procureur de la République d'Evry a expliqué avoir pris du temps avant de faire cette conférence de presse. Il a déclaré vouloir attendre une première conclusion sur les causes de l'accident. Selon les expertises, "le basculement de l'éclisse semble être à l'origine de la catastrophe ".

"Très rapidement, la responsabilité du conducteur du train a été écartée" (Eric Lallement, procureur de la République d'Evry)

Comment l'éclisse s'est-elle détachée ? Eric Lallement n'a pas encore la réponse. Défaut de matériel ou défaut d'entretien ? En tout cas, a expliqué le procureur, "l'acte de malveillance est, a priori, écarté ". Selon lui, il faut du matériel lourd pour pouvoir dégrader une éclisse. De plus, "plusieurs wagons sont passés sur l'éclisse avant qu'elle ne se détache ", puisque se sont les wagons 5 et 6 qui ont déraillé.

Les expertises métallurgiques vont devoir "déterminer si les boulons étaient correctement serrés, quel était leur état même, s'ils ont pu être déformés par la chaleur ou par toute autre cause ", a souligné Eric Lallement. Le matin même, lors d'une autre conférence de presse, la SNCF avait indiqué que selon un rapport interne, l'accident avait une "origine technique ", évoquant également un problème au niveau de l'éclisse.

Au moins deux vols commis

Le parquet d'Evry a également évoqué les scènes de vols qui ont eu lieu après l'accident. Refusant de parler de "pillage", le procureur Eric Lallement a confirmé avec "certitude " qu'au moins "deux vols ont été commis au préjudice de deux passagers ".

"Nous avons en l'état, deux objets qui paraissent avoir été volés ", a détaillé le procureur. D'autres objets qui avaient disparus après l'accident ont été retrouvés à Châtelet, au coeur de Paris. Les enqueteurs ont également pu voir, grâce aux caméras de vidéosurveillance, des individus qui ont quitté la gare avec des valises alors qu'ils n'en avaient pas en entrant.

Eric Lallement a également détaillé les circonstances dans lesquelles un médecin du Samu, qui a porté plainte pour violences, s'est fait voler son téléphone portable. Selon lui, le secouriste a été "interpellé" par des jeunes lui demandant de "porter assistance " à leur amie, qui se trouvait à l'extérieur de la gare et n'était pas une victime. Le secouriste a jugé plus urgent de rejoindre les victimes du déraillement et c'est à ce moment qu'une "une altercation " a éclaté, selon le magistrat.

Au total, quatre plaintes ont été recencées par le parquet d'Evry. Concernant les victimes, ce sont les trois magistrats chargés de l'information judiciaire, qui travailleront sur une éventuelle indemnisation.

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