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AZF, 21 septembre 2001, 10h17

Retour sur l'accident chimique le plus violent et le plus meurtrier de ces 20 dernières années
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France Télévisions
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Temps de lecture : 2 min.
Vue prise le 21 septembre 2001, de l'usine AZF dans la banlieue sud de Toulouse. (© AFP / Pascal Pavani)
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Vendredi 21 septembre 2001. 10h17 et 55 secondes, une gigantesque explosion se produit dans l'usine AZF de Toulouse. La secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l'échelle de Ritcher est ressentie jusqu'à Nice et la Normandie.

Bilan : 30 morts, dont 21 dans l'usine, des milliers de blessés et des dizaines de victimes de dégâts matériels.

L'explosion s'est produite dans l'entrepôt de stockage de l'usine Azote de France (AZF) du groupe TotalFinaElf, spécialisée dans la fabrication d'engrais et classée Seveso pour sa dangerosité.

Sur le site, où 200 ouvriers travaillent à cette heure-là, tout est quasiment totalement détruit. Toulouse et sa périphérie sont aussi touchées. Notamment les quartiers du Sud-Ouest de la ville où l'usine est implantée.

Les nuages de poussière provoqués par le souffle asphyxient l'atmosphère et recouvrent les alentours. Automobiles et habitations sont en ruines. Deux grandes surfaces se sont écroulées sur leurs clients, deux lycées - où un élève a trouvé la mort sont détruits, et l'hôpital Marchant, contraint d'évacuer.

A des kilomètres à la ronde, c'est un paysage de désolation. 2 500 personnes se retrouvent sans logement. 3 500 foyers, privés de gaz et d'électricité.

Dans le centre ville de Toulouse, à moins de cinq kilomètres de l'usine, les fenêtres et les vitrines de magasins sont en miettes.

Une ville en état de siège
Samedi, au lever du jour, un épais nuage marron à forte densité d'ammoniac se répand dans le ciel toulousain. Craignant qu'il ne soit toxique, la mairie et la préfecture demandent aux habitants de rentrer et rester chez eux. Autre mesure de précaution, ne pas consommer d'eau par crainte d'une pollution de la Garonne dans laquelle la ville s'approvisionne. Au final, le nuage s'est révélé peu toxique et les analyses du fleuve, négatives.

Durant quelques heures, Toulouse est comme paralysée. Déserte. Silencieuse traversée seulement par l'écho des sirènes des ambulances qui transportent les blessés par centaines dans les centres de secours et les cliniques de l'agglomération.

Le préfet a déclenché le plan rouge, mobilisant quelque 3.000 personnes pour les secours et délimitant un périmètre de sécurité de sept kilomètres autour de l'usine dévastée.

Au Capitole, l'équipe du maire, Philippe Douste-Blazy, a installé une cellule de soutien et d'accompagnement psychologique. Le long travail de reconstruction ne fait que commencer. L'instruction aussi, close en mai 2007, après des mois d'enquêtes et ouvrant la voie au procès, prévu pour durer de 12 à 16 semaines.

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