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Assassinat du juge Borrel : l'armée française savait dès 1995

L'enquête française avait d'abord privilégié le suicide, avant de retenir la thèse de l'assassinat. Sa veuve réclame toujours la déclassification des documents secret défense, promise pourtant par Sarkozy en 2007.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

C'est une affaire qui a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et Djibouti, son ancienne colonie : la mort du juge Bernard Borrel, magistrat détaché à Djibouti. Son corps est retrouvé, en partie carbonisé, le 19 octobre 1995. Dans un premier temps, l'enquête française parle de suicide, avant de se raviser et de pencher pour l'assassinat.

Or il se trouve que l'on aurait pu gagner pas mal de temps... Car l'armée française savait dès le début que le magistrat avait été assassiné.

Selon le témoignage d'un appelé de l'époque, qui l'a raconté à la juge Sophie Clément, en juillet dernier, l'armée française avait intercepté des communications de la police djiboutienne qui faisaient état d'un Français immolé par le feu. Selon ce témoin, la Prévoté - le détachement de la gendarmerie - est alors intervenue. Catégorique, l'appelé estime qu'il y a "forcément une trace" de tout ça, "sauf si elle a été délibérément supprimée" .

Après ce témoignage, la veuve du juge demande à nouveau la déclassification de tous les documents secret défense relatifs à la mort de son mari. "Le chef de l'Etat m'avait assuré en 2007 que le secret-défense serait levé. Or rien n'a été fait. Il faut que tous les documents datés d'avril 1994 à 1997 soient déclassifiés" , martèle Elisabeth Borrel. Histoire de mettre un peu la pression sur Nicolas Sarkozy, qui recevait cet après-midi le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh.


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