Arbitrage : Tapie et son avocat mis en examen pour escroquerie en bande organisée

L'homme d'affaires a été mis en examen vendredi au terme d'une garde à vue de 96 heures, et sa présentation à un juge du pôle financier de Paris. Il est poursuivi pour escroquerie en bande organisée dans le cadre de l'arbitrage destiné à solder son litige avec le Crédit Lyonnais, comme son avocat Maurice Lantourne Placé sous contrôle judiciaire, Bernard Tapie fera une déclaration lundi sur France 2, a indiqué son avocat.

(Philippe Laurenson Reuters)

Bernard Tapie est depuis vendredi après-midi le quatrième mis en examen, pour escroquerie en bande organisée, dans le dossier de l'arbitrage rendu en sa faveur en 2008, pour solder son litige avec le Crédit Lyonnais. L'homme d'affaires avait obtenu à l'époque une somme record de 403 millions d'euros. Mais quelques heures plus tard, vendredi soir, son avocat Maurice Lantourne, entendu lui aussi depuis le début de la semaine, a connu le même sort.

Avant eux, Stéphane Richard, PDG d'Orange et à l'époque directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, mais aussi le juge-arbitre Pierre Estoup et Jean-François Rocchi, ancien président du Consortium de réalisation (CDR) avaient connu le même sort.

Cette mise en examen suscite beaucoup de réactions, notamment du côté des politiques. Charles de Courson, député UDI, a été l'un des premiers à dénoncer l'arbitrage rendu en 2008. Il juge que la mise en examen était "inévitable ".

"Le dossier est vide " selon l'avocat

Bernard Tapie aura passé en tout 96 heures en garde à vue cette semaine. Ce vendredi, il a été présenté à un juge du pôle financier, qui lui a signifié sa mise en examen. "Le dossier est vide ", a réagi son avocat Maître Hervé Temime, qui indique également que son client va désormais se reposer "loin de Paris " avant de s'exprimer lundi.

L'avocat a également assuré que Bernard Tapie "est sûr de lui au point " de proposer le remboursement éventuel de l'arbitrage.

La justice cherche à comprendre notamment quels ont été les liens précédant cet arbitrage, entre Bernard Tapie et l'entourage de Nicolas Sarkozy, voire le président de la République lui-même.

L'État avait annoncé dans la matinée ce vendredi qu'il déposait un recours contre l'arbitrage.