Angela Merkel écoutée : la justice allemande ouvre une enquête

Un téléphone portable de la chancelière allemande aurait été écouté par les services secrets américains. L’affaire révélée en 2013 n’en reste pas là. Une enquête est ouverte, mais elle restera isolée à Angela Merkel, sans concerner l’écoute de grande ampleur en Allemagne.

(Angela Merkel écoutée : une enquête est ouverte © REUTERS|Fabrizio Bensch)

L’Allemagne avait été choquée en juillet 2013 par les annonces d’Edward Snowden, au sujet d’écoutes téléphoniques massives dans le pays, par les services secrets américains. Quelques mois plus tard, l’affaire était propulsée au plus haut sommet de l’Etat, quand le magazine Der Spiegel précisait qu’un téléphone portable d’Angela Merkel avait été écouté pendant plusieurs années. Une enquête officielle contre X est à présent lancée, mais sur le seul cas de la chancelière.

Un raccourci de l'affaire qui agace

Le parquet fédéral de Karlsruhe a choisi un périmètre d’enquête qui suscite de vives réactions. Les sociaux-démocrates du SPD et les Verts ont lancé leurs premières critiques avant la conférence de presse du Procureur général Harald Range prévu mercredi après-midi.

Hans-Christian Ströbele, représentant des Verts à la commission parlementaire qui a entendu le haut-magistrat a expliqué ainsi ses regrets :

"Le principal délit qui était l’objet de notre discussion, c’était l’espionnage de masse."

De son côté, Ralf Stegner, vice-président du groupe SPD au Bundestag, a visé ce qui lui semble relever de l’inégalité  :

"Une politique judiciaire qui suivrait la devise Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres, n’est pas acceptable quand il est question de la violation massive des droits des citoyens."

L'enquête permet des auditions et des perquisitions

L’enquête ne vise personne, ni aucun pays en particulier pour le moment, mais elle va permettre l’audition de témoins et le lancement de perquisitions. La procédure, sur une affaire très suivie en Allemagne, va aussi s’orienter vers les services secrets du pays pour qu’ils précisent ce qu’ils savaient des activités américaines en Allemagne.

Les Etats-Unis n’ont jamais directement reconnu cette mise sur écoute en Allemagne, par leur agence de surveillance électronique NSA , mais le président Barack Obama avait laissé entendre la réalité de l’affaire en déclarant qu’"à l’avenir Mme Merkel n’avait plus rien à craindre ".