Affaire Seznec : des fouilles privées vont être menées dans l'ancienne maison familiale à Morlaix

Guillaume Seznec a été condamné aux travaux forcés à perpétuité, en 1924, pour le meurtre de Pierre Quémeneur. Mais il n'a jamais avoué et le corps n'a jamais été retrouvé. Des bénévoles, aidés d'une tractopelle, vont tenter de résoudre l'énigme en fouilllant la cave et l'ancien cellier de l'ancienne demeure de la famille Seznec.

Deux photographies judiciaires de Guillaume Seznec, condamné aux travaux forcés à perpétuité en 1924 pour le meurtre de Pierre Quémeneur. 
Deux photographies judiciaires de Guillaume Seznec, condamné aux travaux forcés à perpétuité en 1924 pour le meurtre de Pierre Quémeneur.  (- / AFP)

Près d'un siècle plus tard, l'affaire Seznec est toujours une énigme. Mais elle pourrait rebondir à l'occasion de fouilles entreprises très prochainement dans la maison de Morlaix (Finistère), où vivait cette famille. L'objectif est de mettre au jour le corps jamais retrouvé de Pierre Quémeneur, disparu en 1923.

Une équipe de bénévoles veut retrouver la victime

"Il s'agit de fouilles privées", explique Denis Langlois, l'ancien avocat de la famille de Guillaume Seznec, confirmant des informations de la presse locale. Une dizaine de bénévoles doivent participer aux opérations, avec l'aide d'une tractopelle. La propriétaire de la maison, actuellement inoccupée, a donné son autorisation pour que des fouilles soient menées dans l'ancienne cave et l'ancien cellier, selon les initiateurs des travaux.

Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère avec lequel il était associé en affaires, ainsi que pour des faux en écriture. Mais le corps du conseiller n'a jamais été retrouvé et Guillaume Seznec, condamné sans preuve, n'a jamais avoué.

Un témoignage troublant du fils de Guillaume Seznec

"On peut ne rien trouver, trouver des objets ou trouver des ossements", explique Bertrand Vilain, 55 ans, auteur d'un livre sur l'affaire et coordinateur des fouilles. Ces nouvelles recherches sont motivées par la révélation, dans un ouvrage paru en 2015, du témoignage inédit d'un des enfants du couple Seznec, âgé de 11 ans au moment des faits. Il a été enregistré en 1978 par l'un de ses neveux.

En mai 1923, donc, "Petit-Guillaume" raconte avoir entendu sa mère repousser les avances d'un certain "Pierre", puis avoir vu Pierre Quémeneur par terre et sa mère debout devant lui. "Je crois qu'elle a dû se défendre et le frapper à la tête", racontait-t-il, selon le récit qu'en a fait Denis Langlois dans Pour en finir avec l'affaire Seznec (éd. La Différence). Le fils Seznec explique également que le sol de la maison avait été creusé peu de temps après, "dans une sorte de cellier", explique Ouest-France.

En 2015, la justice a refusé de lancer de nouvelles investigations

En 2015, Denis Langlois avait demandé au procureur de Brest de faire procéder à des investigations dans l'ancienne maison familiale, pour savoir si le corps y était enfoui. Le procureur avait rejeté cette demande, estimant qu'elle ne pouvait émaner que du condamné, de ses descendants ou des autorités judiciaires compétentes.

"Si des ossements ou des objets concernant l'affaire Seznec sont découverts, nous avertirons la gendarmerie et le procureur", estime Denis Langlois. "Une procédure de révision du procès de Seznec serait alors certainement mise en route."