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Affaire des "fadettes" : renvoi en correctionnelle requis contre Squarcini, ex-patron de la DCRI

Il voulait identifier la source des journalistes dans l'affaire Bettencourt. Bernard Squarcini, alors patron du renseignement intérieur (DCRI), aurait fait éplucher en toute illégalité les factures téléphoniques détaillées d'un journaliste et d'un conseiller du ministère de la Justice. Le parquet de Paris vient de requérir son renvoi en procès.
Article rédigé par Gilles Halais
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
  (Philippe Wojazer Reuters)

Été 2010 : le quotidien Le
Monde
publie les bonnes feuilles de l'audition du gestionnaire de fortune
de Liliane Bettencourt. Dans ses déclarations aux limiers de la finance, Patrice de Maistre met en cause Eric Woerth, alors ministre du Budget de Nicolas Sarkozy.

Le patron de la Direction centrale
du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, commande que soient épluchées les factures téléphoniques détaillées ("fadettes") du reporteur du
Monde, Gérard Davet, et d'un conseiller du ministère de la Justice, David
Sénat. Son but : identifier l'informateur du quotidien du soir.

Atteinte à la sûreté nationale

Devant les juges, "le squale" reconnaît les faits.
Il se justifie en affirmant avoir agi dans un cadre
totalement légal, la loi de 1991 sur le secret des correspondances. Une loi
dont l'article 20 autorise l'analyse des "fadettes" aux "fins de
défense des intérêts nationaux."

Le parquet de Paris ne l'entend pas de cette oreille : d'éventuelles fuites
provenant de la Chancellerie sur une affaire de droit commun ne peuvent constituer une atteinte à la sécurité nationale.

Il revient maintenant aux juges d'instruction
en charge du dossier de suivre ou non les réquisitions du parquet, qui demande
le renvoi de Bernard Squarcini devant un tribunal correctionnel. La
"collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux,
déloyal ou illicite", pour laquelle ce proche de Nicolas Sarkozy a été mis
en examen
, est passible de cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende.

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