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Affaire du Carlton : le parquet demande le dessaisissement des juges lillois

Pour le procureur, la justice ne pouvait pas travailler sereinement du fait de l'implication présumée dans ce dossier d'un avocat lillois et d'un haut responsable policier du Nord. 

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France Télévisions
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L'entrée de l'hôtel Carlton de Lille, d'où est parti début octobre une affaire de proxénétisme mettant en cause des notables.  (EPA/MAXPPP)

L'affaire du Carlton de Lille se dirige vers un dépaysement. A la demande du parquet de Lille, le procureur général de Douai (Nord) a demandé, mardi 26 octobre au soir, le dessaisissement des deux juges lillois enquêtant sur l'affaire de proxénétisme liée à l'hôtel Carlton de Lille. 

Dans ce dossier, huit personnes ont été mises en examen, parmi lesquelles le propriétaire et des responsables de l'établissement hôtelier, ainsi qu'un avocat et le commissaire Jean-Christophe Lagarde, chef de la sûreté départementale du Nord.

"Enterrement de première classe"

Pour le procureur, "l'impartialité et la sérénité de la justice [sont] susceptibles d'être mises en cause", du fait de l'implication présumée dans ce dossier d'un avocat lillois et d'un haut responsable policier du Nord. Le parquet a donc adressé une requête à la cour de Cassation, qui a maintenant huit jours pour statuer.

L'initiative n'est pas du goût de la défense. L'avocat du directeur de l'hôtel Carlton a dénoncé "une atteinte à l'indépendance de la justice", voyant dans la perspective d'un dépaysement "un enterrement de première classe".

"Procédure normale" vs "décision politique"

Il ne s'agit que d'une "procédure tout à fait normale et très classique", a répliqué le procureur. Mais la défense y voit "une décision politique". Elle estime "évident" que Dominique Strauss-Kahn, cité dans cette affaire, "ne sera pas entendu ou alors pas avant des mois et des mois".

Le 16 octobre, l'ex-patron du Fonds monétaire international a demandé à être "entendu le plus rapidement possible par les juges" en charge de l'enquête afin que "soit mis un terme aux insinuations et extrapolations hasardeuses et (...) malveillantes" Interrogé à ce sujet, le procureur n'a souhaité faire aucun commentaire.

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