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Affaire Bettencourt : Nicolas Sarkozy bénéficie d'un non-lieu

L'ancien président de la République, mis en examen pour abus de faiblesse sur l'héritière de l'Oréal, n'est finalement pas renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Les juges viennent de rédiger leur ordonnance de renvoi. L'ex-ministre Eric Woerth, lui, est renvoyé devant le tribunal correctionnel, ainsi que neuf autres personnes.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

C'est une surprise. Nicolas Sarkozy n'est finalement pas renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux dans l'affaire Bettencourt. Les juges
d'instruction, Jean-Michel Gentil en tête, avaient pourtant estimé qu'il existait assez
de charges pour mettre en examen Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat était poursuivi pour abus de faiblesse de l'héritière de l'Oréal qui, selon une expertise, est en état de démence sénile depuis 2006.

Les magistrats
s'appuyaient notamment sur plusieurs témoignages du personnel de maison de la
milliardaire. Des employés avaient affirmé avoir vu à plusieurs reprises
l'ancien chef de l'Etat chez le couple Bettencourt, réputé pour financer
largement et illégalement la classe politique.

A LIRE ►►► Affaire Bettencourt : l'UMP dénoncer un "acharnement"

Finalement les
juges d'instruction ont suivi les réquisitions du parquet général : les charges sont
trop ténues pour renvoyer Nicolas Sarkozy en correctionnelle.

Pour Nadine Morano, l'ancienne ministre, très proche de Nicolas Sarkozy, cette nouvelle "n'est pas une surprise ".

Dix personnes renvoyées en correctionnelle

En revanche son ancien ministre Eric Woerth n'échappera pas à un procès dans cette tentaculaire affaire. Ce poids-lourd de l'UMP est renvoyé devant le tribunal, contre l'avis du parquet général de Bordeaux qui avait aussi requis le non-lieu. Son avocat, Me Jean-Yves Le Borgne s'étonne de cette différence de traitement. Il répète que "dans cette affaire, Erice Woerth a toujours dit qu'il n'avait jamais reçu un sou ".

Parmi les autres renvoyés au tribunal figurent Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. Mais aussi l'avocat Pascal Wilhelm et l'homme d'affaires Stéphane Courbit, pour un investissement de 143 millions d'euros que le premier a fait souscrire à la milliardaire dans la holding du second. Sont également renvoyés : deux anciens notaires de l'héritière de l'Oréal, son dernier infirmier et l'homme dont l'amitié lucrative avec la milliardaire a été à l'origine de toute cette affaire : François-Marie Banier. 

"On prend acte de cette décision des juges. Nicolas Sarkozy n'était pas celui qu'on ciblait dans ce dossier. On reste dans la neutralité ", a déclaré à Reuters Me Benoît Ducos-Ader, avocat de la tutelle de Liliane Bettencourt.

Outre Nicolas Sarkozy, un douzième mis en examen échappera au jugement, l'avocat fiscaliste Fabrice Goguel.

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