Trois chiffres pour comprendre l'IVG en France, 40 ans après sa dépénalisation

A l'occasion de l'anniversaire de la loi Veil, l'Institut national d'études démographiques dresse un panorama chiffré des avortements dans l'Hexagone.

Une manifestation en faveur du droit à l\'avortement en Espagne, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 1er février 2014.
Une manifestation en faveur du droit à l'avortement en Espagne, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 1er février 2014. (FRANCK PENNANT / AFP)

C'était il y a 40 ans, presque jour pour jour. Le 17 janvier 1975 était promulguée la loi Veil, qui dépénalisait le recours à l'avortement.

A l'occasion de cet anniversaire, l'Institut national d'études démographiques (Ined) dresse, jeudi 15 janvier, un bilan chiffré des interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans l'Hexagone. Francetv info revient sur les principaux enseignements de cette étude.

207 120 IGV en 2012

Depuis la dépénalisation de l'avortement en 1975, la législation a évolué et il est devenu moins difficile pour les femmes d'y avoir recours : l'Ined évoque notamment le remboursement par la Sécurité sociale mis en place fin 1982 ou l'assouplissement de l'accès et l'allongement du délai légal en 2001.

Autant de réformes qui n'ont pas bouleversé les statistiques. L'Ined estime que 246 000 IVG ont eu lieu en 1976. Ce nombre a diminué jusqu'en 1995, avant de légèrement augmenter et de finalement se stabiliser à la fin des années 2000. "Dans la moyenne" des autres pays, commente un des auteurs de l'étude dans Libération : 15 avortements pour 1 000 femmes en France, comme en Norvège ou au Danemark, mais moins qu'en Hongrie (17) ou en Suède (20).

Dans le même temps, la fécondité des Françaises ne s'est pas effondrée, loin de là : de 1,9 enfant par femme en 1975, nous sommes passés à "près de 2 enfants au début des années 2010", rappelle l'Ined.

1 femme sur 3 y a recours dans sa vie

Au début des années 2010, l'Ined enregistrait un taux d'IVG de 0,53 par femme. Ce qui ne veut pas dire qu'une Française sur deux a eu ou aura recours à une IVG, car certaines pratiquent des avortements répétés.

En réalité, précise l'étude, d'après les taux de 2011, un tiers des femmes ont recours à un avortement au cours de leur vie, certaines plusieurs fois, même si cette proportion "reste faible" en France. Ainsi, 9,5 % des femmes ont recours deux fois à l'IVG, et 4,1% trois fois ou plus au cours de leur vie, signale l'Ined.

27,5 ans : l'âge moyen de recours à l'IVG

Depuis la dépénalisation de l'avortement, l'âge de la maternité a reculé en France, de 26,7 ans en 1975 à 30,1 ans au début des années 2010. Au contraire, l'âge moyen à l'IVG a plutôt rajeuni : il était de 28,6 ans en 1975, il s'est stabilisé ces dernières années autour de 27,5 ans.

Si les taux d'IGV ont nettement diminué après 25 ans, une augmentation a été observée chez les adolescentes à la fin des années 1990 et au début des années 2000. D'après l'Ined, il ne faut pas y voir "une plus grande fragilisation" des jeunes filles, mais "la plus grande volonté de choisir d'interrompre des grossesses non prévues ou mal programmées".