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Paris : JC Decaux va porter plainte après une campagne d'affichage sauvage anti-avortement

Des affiches réalisées par le mouvement anti-IVG Les Survivants ont été insérées dans des panneaux publicitaires d'abribus de la capitale. 

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France Télévisions
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Un abribus JC Decaux, rue de Rivoli à Paris, le 4 mars 2016. (MAXPPP)

Certains Parisiens ont eu une drôle de surprise en prenant leur bus, vendredi 23 juin au matin. Des affiches anti-avortement avaient remplacé les habituelles publicités placardées sur les abribus du groupe JC Decaux à Paris.

"Une cinquantaine" d'affiches dans Paris

L'adjointe communiste à la maire de Paris chargée des droits humains, Hélène Bidard, a tweeté une photo de cette campagne d'affichage sauvage, annonçant, indignée, qu'elle demandait le dépôt d'une plainte. 

Contacté par franceinfo, le service communication du groupe JC Decaux indique qu'"une cinquantaine" d'affiches anti-IVG ont ainsi été découvertes par ses agents. "Nos collaborateurs qui mettent en place les affiches ont découvert ces affiches anti-avortement tôt ce matin. Ils nous ont prévenus et les affiches normales ont été remises à leur place dès 6 heures du matin", détaille le géant de la publicité urbaine. JC Decaux assure qu'il "va porter plainte", comme il l'avait fait, mi-janvier, lorsque des militants anti-avortement d'En marche pour la vie avaient déjà piraté ses panneaux publicitaires.

"C'est gentil, mais ça ne sert à rien"

En bas des affiches, un nom apparaît : celui des Survivants, un mouvement anti-avortement. Joint par franceinfo, Emile, son porte-parole, déclare être l'auteur des visuels de cette campagne, "lancée il y a une quinzaine de jours". "Je me suis inspiré de la campagne du WWF #LastSelfie où on voyait la photo d'un animal menacé", raconte-t-il. "#LastSelfie" est ainsi devenu "#FirstSelfie" et accompagne la photo d'un bébé tirant la langue, présenté comme Albert Einstein à sept semaines. L'interruption volontaire de grossesse est renommée "interruption volontaire de génies"

"J'ai fait ces visuels pour l'affichage traditionnel, pas pour hacker le mobilier urbain", se défend le porte-parole des Survivants. Selon lui, cette campagne d'affichage sauvage est "probablement une action de nos jeunes militants sur Paris". L'auteur des visuels apprécie l'effet rendu : "Je trouve ça assez beau. Le rétro-éclairage fait ressortir les zones d'ombre." Pour autant, il affirme ne pas avoir encouragé leur opération : "C'est gentil, mais ça ne sert à rien", tranche-t-il. "Chez Decaux, ils sont sur-rodés. La campagne d'En marche pour la vie était restée plusieurs heures. Là, les affiches ont été enlevées dans l'heure."  

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