Le Sénat de l'Alabama vote la loi la plus répressive des Etats-Unis sur l'avortement

Le texte prévoit des peines de prison allant de 10 à 99 ans pour les médecins pratiquant l'avortement, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus.

Des militantes pro-choix se réunissent devant le Sénat de l\'Alabama lors du vote sur l\'avortement, le 14 mai 2019, à Montgomery.
Des militantes pro-choix se réunissent devant le Sénat de l'Alabama lors du vote sur l'avortement, le 14 mai 2019, à Montgomery. (CHRISTOPHER ALUKA BERRY / REUTERS)

Le Sénat de l'Etat de l'Alabama a adopté, mardi 14 mai, le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l'avortement. Il prévoit notamment de lourdes peines de prison pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse. Le Sénat, contrôlé par les républicains, a transmis le texte au cabinet de la gouverneure républicaine de l'Etat, Kay Ivey, en vue de sa promulgation. Il ne prévoit pas d'exception en cas de viol ou d'inceste.

Les médecins pratiquant l'avortement seront passibles de peines de prison allant de 10 à 99 ans, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus. La principale association de défense des droits civiques américaine (Aclu) a annoncé son intention d'aller en justice pour empêcher l'application de ce texte.

Revenir sur l'arrêt historique Roe v. Wade

L'objectif avoué des promoteurs du texte est de se retrouver devant la Cour suprême des Etats-Unis pour la convaincre de revenir sur sa décision emblématique de 1973 : l'arrêt historique Roe v. Wade qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le foetus n'est pas viable.

"Vous venez de violer vous-même l'Etat de l'Alabama", a déclaré Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat, après le rejet par les sénateurs d'un amendement demandant des exceptions à l'interdiction de l'avortement. "Vous dites à ma fille : tu ne comptes pas dans l'Etat de l'Alabama... Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte", a-t-il ajouté, la voix parfois tremblante d'émotion.

Le projet de loi avait été adopté début mai par la Chambre des représentants de cet Etat très conservateur du Sud-Est des Etats-Unis. Il est particulièrement répressif mais vingt-huit autres Etats américains ont introduit plus de trois cents nouvelles règles depuis le début de l'année afin de limiter l'accès à l'avortement, selon un décompte de l'Institut Guttmacher, qui défend le droit des femmes à l'IVG.