IVG : l'Assemblée donne un premier feu vert à l'allongement, de 12 à 14 semaines de grossesse, du délai légal pour recourir à l'avortement

La mesure n'est pas encore adoptée officiellement puisqu'elle doit être examinée au Sénat.

Les députés de l\'Assemblée nationale dans l\'hémicycle, le 8 octobre 2020, à Paris.
Les députés de l'Assemblée nationale dans l'hémicycle, le 8 octobre 2020, à Paris. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

L'ambiance était électrique à l'Assemblée nationale jeudi 8 octobre. Après des débats houleux, les députés ont adopté une proposition de loi qui permet notamment l'allongement, de 12 à 14 semaines, du délai légal pour recourir à l'avortement. Lors du vote, 86 parlementaires se sont prononcés pour et 59 contre.

Porté par le groupe EDS (Ecologie, démocratie, solidarité), le texte a été débattu sous le feu roulant des critiques de la droite. Le texte, soutenu par la gauche et le groupe LREM, était considéré comme un sujet "sensible" par le gouvernement, qui s'est borné à s'en remettre à la "sagesse" des députés. C'est désormais au tour du Sénat de l'examiner.

Dès le milieu de journée, l'Assemblée nationale avait voté par 102 voix contre 65 l'article clé qui doit permettre l'allongement du délai légal d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Du fait d'un manque de praticiens et de la fermeture progressive de centres IVG, il s'écoule souvent plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et l'intervention. Chaque année, entre 3 000 et 4 000 femmes "hors délai" partiraient avorter à l'étranger, selon un rapport parlementaire publié en 2000.