IVG aux Etats-Unis : des dirigeants, des médecins et des citoyennes d'Etats démocrates promettent de se "battre" pour garantir l'accès à l'avortement

Dans l'Etat de New York, on s'attend à un afflux de patientes venant d'Etats conservateurs du sud et du centre du pays.

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Des personnes manifestent à New York (Etats-Unis) contre la décision de la Cour suprême sur l'avortement, le 24 juin 2022. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

De New York à la Californie, dirigeants, médecins ou citoyennes promettent de se "battre" pour que leurs Etats démocrates soient des "sanctuaires" garantissant à des centaines de milliers de femmes chaque année le droit à un avortement légal et sûr. 

La très conservatrice Cour suprême des Etats-Unis a enterré, vendredi 24 juin, le droit constitutionnel à l'avortement, revenant sur son arrêt emblématique Roe v. Wade de 1973 et renvoyant aux Etats la possibilité, ou non, d'interdire ou limiter les IVG. Au moins sept Etats ont activé, dès vendredi, cette interdiction.

Voyager pour avorter

Dans l'Etat de New York, le quatrième plus gros du pays (20 millions d'habitants), politiques et professionnels de santé se préparaient depuis des semaines à la fin du droit à l'interruption volontaire de grossesse, actée par la plus haute juridiction américaine. "Notre Etat sera toujours un sanctuaire pour celles qui cherchent à pratiquer un avortement", a assuré la gouverneure démocrate, Kathy Hochul.

Et dans cet Etat démocrate du Nord-Est, on s'attend maintenant à un afflux de patientes venant d'Etats conservateurs du sud et du centre du pays, dont certains ont immédiatement interdit vendredi l'avortement sur leur sol. 

"Nous savons que les besoins vont grimper en flèche", déclare à l'AFP Sarah Moeller, professionnelle de santé de l'association Brigid Alliance, qui paie voyage, gîte et couvert et soutient financièrement des femmes de condition modeste devant pratiquer une IVG. Son association aide une centaine de femmes chaque mois et Sarah Moeller estime dorénavant que "des centaines de milliers de personnes supplémentaires vont devoir voyager hors de leurs Etats pour des soins de santé liés à un avortement".

300 000 IVG par an dans les Etats conservateurs

Alice Mark, médecin et conseillère de la Fédération nationale pour l'avortement dans le Massachusetts, se demande aussi "ce qui va arriver à tous ces gens des 26 Etats [chiffre avancé par le Guttmacher Instituteoù l'avortement va être partiellement ou totalement interdit". Il y a, à ce jour, selon elle, 300 000 IVG par an dans ces Etats conservateurs tels que la Louisiane, le Missouri ou l'Oklahoma.

Comme dans le Massachusetts – même si son gouverneur est républicain et que l'avortement y coûte cher – Alice Mark espère que "des Etats tels que l'Illinois" faciliteront l'accès à leurs cliniques en recrutant davantage de personnel et ouvriront la nuit et le week-end.

A l'autre bout de l'Amérique, les gouverneurs de trois Etats progressistes de la côte ouest – Gavin Newsom en Californie, Kate Brown en Oregon et Jay Inslee pour l'Etat de Washington – se sont "engagés" dans un communiqué à "défendre l'accès aux soins de santé de contraception, y compris à l'avortement".

Ils ont regretté que "dans plus de la moitié du pays – soit 33,6 millions de femmes (10% de la population américaine) – l'avortement (soit) dorénavant illégal ou inaccessible". Les trois Etats doivent débloquer 152 millions de dollars d'aide.

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