Intermittents : la CGT-Spectacle veut reconduire la grève

Quelques minutes après les annonces de Manuel Valls, la CGT-Spectacle, visiblement pas convaincue, a annoncé une probable grève des intermittents à partir du 1er juillet, menaçant les festivals. Le syndicat, qui parle de "mesurettes", laissera la décision aux professionnels sur le terrain, et ne sait pas encore quel type d'actions peut être pris dans le cadre de cette contestation.

(La CGT-Spectacle appelait à manifester lundi dernier à Paris © Maxppp)

Visiblement, le Premier ministre est loin d'avoir convaincu les principaux concernés. À peine Manuel Valls avait fini de parler, depuis Matignon, au sujet du conflit des intermittents, que la CGT-Spectacle annonçait un "probable préavis de grève pour le 1er juillet ". Pas du tout convaincue, donc, par la volonté d'apaisement du Premier ministre, qui a notamment annoncé la compensation par l'État du délai de carence d'indemnisation des intermittents, qui cristallisait une partie de la colère.

"Nous n'avons  jamais appelé à l'annulation d'un festival. Nous devons consulter avant de décider si on continue la grève. Il y aura des actions dans toutes les régions. Nous n'avons pas  été assez entendus" (Denis Gravouil, CGT-Spectacle)

Dénonçant des "mesurettes ", le syndicat ne précise pas encore quelle sera l'action menée. "L'épée de Damoclès est toujours là, c'est une manoeuvre pour passer l'été ", a accusé Denis Gravouil, le secrétaire général, qui le dit clairement : "On est très déçus, et très en colère ". Pour lui, le différé "va quand même entrer en vigueur ".

Il reproche notamment au gouvernement de ne pas avoir pris en compte les propositions formulées par les intermittents, et remises au médiateur, le député PS Jean-Patrick Gille.

Denis Gravouil : "On n'a pas de fléchage sur nos propositions"
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Ce sont les assemblées générales qui, au cas par cas, décideront donc du type d'actions menées cet été. La plupart des gros festivals culturels, et en premier lieu celui d'Avignon qui doit avoir lieu en juillet, sont donc clairement menacés.

Autre réaction, celle du syndicat des employeurs du spectacle, le Syndeac. Fabien André, chargé de mission en son sein, parle d'une porte "entrouverte " malgré des "inquiétudes " notamment au sujet d'un "partage du financement de la protection sociale ".