Homophobie dans les stades de foot : "On arrête trop de matchs", estime le président de la FFF

"Cela fait plaisir à certains ministres, mais moi ça me gêne", déclare Noël Le Graët vendredi dans une interview à "Ouest-France".

Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, le 4 septembre 2019 à Paris.
Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, le 4 septembre 2019 à Paris. (MAXPPP)

"Je trouve qu'on arrête trop de matchs !" Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, s'invite dans le débat sur l'homophobie dans les stades, qui a conduit ces dernières semaines à interrompre plusieurs rencontres de football.

"Cela fait plaisir à certains ministres, mais moi, ça me gêne. Le football ne peut pas être pris en otage pour des propos vulgaires. Ce n'est pas le foot, mais la société en général qui doit y réfléchir. (...) On a l'impression que tous les stades sont devenus homophobes. Je conteste avec véhémence cette image qu'on donne de nous", déclare Noël Le Graët, vendredi 6 septembre, dans un entretien à Ouest-France.

"Le football défend des valeurs (...) Je peux toujours regretter la vulgarité mais des matchs ont été arrêtés et ne le méritaient pas. A la Fédération, on ne donnera pas d'instruction aux arbitres. On le fera s'il y a une manifestation homophobe constante, avec tout un stade. Mais quand, sur 30 000 personnes, il y a 2 000 imbéciles, je ne veux pas que les 28 000 autres soient punis", poursuit le président de la FFF. "Le football sert d'alibi et cela m'agace. C'est pourtant le seul sport qui réunit toutes les classes sociales".

"L'homophobie, c'est le football qui l'a inventée ?"

Le dirigeant breton s'en prend, sans les nommer, aux responsables politiques qui ont porté ce discours dans l'espace public, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes et Roxana Maracineanu, ministre des Sports : "L'homophobie, c'est le football qui l'a inventée ? Ça fait bien d'aller raconter sa science quand on n'a pas grand-chose à dire. Il y a pourtant des enjeux politiques plus importants".

Interrogé sur les moyens pour sortir de cette crise, il ajoute : "La sortie de crise se fera toute seule. On travaille avec les présidents de clubs, des gens qui ne la ramènent pas tous les matins, qui ne vont pas faire les beaux sur les plateaux de télévision".

Le président de la FFF se prononce également contre les interdictions de déplacement de supporters : "Cela me gêne. Il faut que ça s'arrête (...) C'est la solution de facilité, je suis totalement contre", dit-il, estimant que "le tout répressif n'est pas la solution". A ce sujet, Noël Le Graët indique qu'il rencontrera des membres du ministère de l'Intérieur et du ministère des Sports "le plus vite possible".