Le nombre de femmes mortes sous les coups de leur conjoint augmente

Les homicides au sein du couple ont fait 174 victimes l'an dernier, dont une majorité de femmes. C'est 28 de plus qu'en 2011.

Dans un centre d\'appel du 3919, dédié aux violences conjugales, à Paris, le 20 mai 2010.
Dans un centre d'appel du 3919, dédié aux violences conjugales, à Paris, le 20 mai 2010. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La violence domestique a davantage tué en 2012 qu'en 2011. Un total de 174 personnes, en grande majorité des femmes, sont mortes en 2012, victimes de leur conjoint ou ex-conjoint. C'est 28 de plus que l'année précédente, selon une étude du ministère de l'Intérieur publiée samedi 8 juin. "Tous les deux jours, un homicide est commis au sein du couple", souligne cette étude annuelle de la Délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur. 

L'an passé, 148 femmes et 26 hommes ont donc été tués par leur compagnon ou ex-compagnon (conjoint, concubin ou pacsé). Sur les 26 femmes auteures d'homicide, 17 (soit 65%) étaient victimes de violences de la part de leur partenaire. Neuf enfants ont été tués par leur père en même temps que leur mère.

Portraits-robots des tueurs

Le meurtrier est le plus souvent marié, de nationalité française, a entre 41 et 60 ans, et n'exerce pas ou plus d'activité professionnelle. Il commet son acte à domicile, sans préméditation, avec une arme à feu. Sa principale motivation demeure le refus de la séparation, suivie de près par la dispute.

La meurtrière est également le plus souvent mariée, de nationalité française et sans emploi. Elle commet aussi son acte à domicile et sans préméditation, mais avec une arme blanche. Les principales causes du passage à l'acte sont les disputes et la volonté de mettre fin aux violences subies.

Dans près de 50% des cas, a été constatée la présence de substances (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) susceptibles d'altérer le discernement de l'agresseur ou de la victime au moment des faits. 

Un plan de lutte contre les violences faites aux femmes

Dans un communiqué commun, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, se sont dits "particulièrement déterminés à mettre en œuvre tous les dispositifs nécessaires pour lutter plus efficacement contre ces violences qui brisent chaque année trop de vies et de familles". Ils ont précisé qu'un nouveau plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes était en préparation. Il est déjà prévu d'étendre le "téléphone grand danger", expérimenté dans certains départements pour mettre en relation rapidement une victime potentielle et un professionnel de la lutte contre ce type de violences.

Les départements des Alpes-Maritimes, du Nord et de la Seine-Saint-Denis ont été les plus touchés par le phénomène en 2012, suivis du Pas-de-Calais, des Yvelines et des Bouches-du-Rhône, de l'Indre-et-Loire et de la Guadeloupe.