"Ligue du LOL" : "Les Inrocks" condamnés pour le licenciement d'un journaliste

Le mensuel a été condamné vendredi à verser au journaliste 25 000 euros de dommages et intérêts et autour de 20 000 euros d'indemnités.

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France Télévisions
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Licencié par "Les Inrocks", le journaliste David Doucet a obtenu gain de cause devant les prud'hommes.  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le conseil des prud'hommes de Paris a condamné Les Inrocks pour avoir licencié "sans cause réelle et sérieuse" l'ex-rédacteur en chef David Doucet, écarté en 2019 après l'affaire de la "Ligue du LOL", a annoncé samedi 4 septembre son avocate à l'AFP.

Le mensuel a été condamné vendredi à verser au journaliste 25 000 euros de dommages et intérêts et autour de 20 000 euros d'indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés afférents, a précisé Sylvie Topaloff, confirmant une information de Mediapart et de Marianne.

"Il était devenu un pestiféré"

"Le jugement indique que le licenciement a été fait sans cause réelle et sérieuse. Je considère que la réparation financière est sans commune mesure avec le préjudice moral qui a été infligé à David Doucet", a indiqué l'avocate à l'AFP. "Il a traversé deux ans de véritable cauchemar ; il a perdu son travail, sa famille, ses amis, son honneur, sa réputation. C'était coûteux, violent sur le côté psychologique, il était devenu un pestiféré", a-t-elle ajouté, précisant que son client ressentait un "énorme soulagement".

David Doucet avait été licencié en février 2019 pour "faute grave" après l'affaire de la "Ligue du LOL", ces journalistes et communicants qui harcelaient sur internet principalement des jeunes femmes. Le journaliste avait admis avoir été l'auteur de faux comptes de célébrités et avait aussi reconnu deux canulars téléphoniques, se disant "désolé" sur Twitter de la "dégueulasserie de ces actes".

La direction des Inrocks avait justifié son licenciement par l'impact négatif sur "l'image du journal" et sur sa "crédibilité journalistique" au sein de la rédaction. "Il y a eu un licenciement totalement injustifié basé sur 25 témoignages farfelus et indirects. Il n'y avait aucun élément sérieux et les Inrocks ont reconnu devant les Prud'hommes qu'il n'y a pas eu enquête interne. Ils ont cédé à la pression", a encore déclaré l'avocate, ajoutant qu'une cinquantaine de salariés et ex-salariés avaient témoigné en sa faveur.

Le magazine avait également reproché à David Doucet son management par la terreur, dont il s'est toujours défendu.

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