La sénatrice Esther Benbassa, accusée de harcèlement moral, exclue du groupe écologiste

Esther Benbassa dénonce dans un communiqué cette décision qu'elle associe à un "simulacre de procédure interne" et à une "sommation de répondre aux accusations anonymes relayées par un article de presse".

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France Télévisions
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La sénatrice écologiste Esther Benbassa au Sénat à Paris, le 22 mars 2016. (MARTIN BUREAU / AFP)

Carton rouge. La sénatrice EELV Esther Benbassa, accusée dans une enquête de Mediapart de harcèlement moral à l'encontre de ses collaborateurs, a été exclue par son groupe au Sénat, mardi 14 septembre. Cette exclusion prend effet dès mercredi. "Mme Benbassa n'a pas contredit une partie des témoignages et elle n'a, à ce jour, pas jugé opportun de porter plainte en diffamation contre ces accusations", précise le groupe écologiste Ecologiste-Solidarité et Territoires, dans un communiqué.

Les sénateurs du groupe ont regretté "que la justice ne soit pas saisie pour des faits d'une telle nature" mais n'ont pas "remis pas en cause (les) témoignages (des collaborateurs)" et ont pris "toute la mesure des difficultés que représente souvent l'engagement de poursuites judiciaires". Ils ont réitéré "tout leur soutien à celles et ceux qui ont témoigné d'une grande souffrance au travail" et vont continuer "de travailler sur la prévention du harcèlement moral et sexuel au travail", et à mener "une réflexion plus large sur le sujet".

"Violation du principe de présomption d'innocence"

La désormais ex-vice-présidente du groupe dénonce un "simulacre de procédure interne" et une "sommation de répondre aux accusations anonymes relayées par un article de presse", dans un communiqué. La décision a été prise "sans transmission de pièces à charge ou à décharge, sans audition de témoins ou de victimes présumées, en violation des dispositions du règlement intérieur du groupe et du principe de présomption d'innocence", déplore l'élue de Paris. Esther Benbassa assure s'être rendue devant le groupe le 9 septembre "non pas pour me justifier, puisque je ne suis condamnée de rien, mais pour m'expliquer, et réitérer mes excuses pour les maladresses et les erreurs".

Dans son enquête, Mediapart rapportait les témoignages de huit anciens collaborateurs et six anciens étudiants que l'élue employait à l'École pratique des hautes études qui évoquaient un climat de "terreur" instauré par la sénatrice. Des pressions, chantage à l'emploi, humiliations systématiques envoyés souvent par mails, individuels ou collectifs, et SMS qui avaient été consultés et retranscrits en partie par le site d'informations.

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