VIDEO. Marlène Schiappa explique pourquoi elle porte plainte contre "les milliers de menaces, d’injures coordonnées reçues en quelques 24 heures"

Insultée sur les réseaux sociaux après s'être opposée à la cagnotte en ligne en soutien à l’ex-boxeur Christophe Dettinger, la secrétaire d'État à l’Égalité entre les femmes et les hommes annonce sur France Inter avoir porté plainte, notant que le champ lexical des insultes adressées aux femmes politiques n'était pas le même que pour les hommes.

Après s'être opposée à la cagnotte en ligne en soutien à l’ex-boxeur Christophe Dettinger, Marlène Schiappa a reçu de très nombreuses insultes sur les réseaux sociaux. La secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes a annoncé mercredi 9 janvier porter plainte et s'en explique, jeudi sur France Inter. "J’ai déposé une plainte, ça n’est pas la première. En général je n’en parle pas. J’en ai déposé plusieurs, il y a eu des procès, certaines personnes ont déjà été condamnées."

Des "milliers" de menaces de mort et d'injures

"Là ça a effectivement dépassé un stade. Et j’ai considéré que ça valait de déposer une plainte pour les milliers de menaces de mort, d’injures et de cyber harcèlement coordonnés reçus en quelques 24 heures."

Marlène Schiappa relève que le "champ lexical" des insultes adressées aux femmes politiques n'est pas le même que pour les hommes. "Un homme, on va l'insulter sur ses idées, une femme, on va la sexualiser. Il y a des appels au viol, des propos très orduriers, des menaces de sévices sexuels. On me dessine en poupée gonflable. On fait des photos montages ou je suis à demi nue. On me traite de noms à connotations sexuelles. Cela dépasse ma personne et concerne le traitement des femmes en général dans l'espace public."

Une loi sur les "contenus haineux"

Avec la garde des Sceaux Nicole Belloubet, le secrétaire d'État au numérique Mounir Mahjoubi et Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, Marlène Schiappa travaille "sur une loi qui permet de retirer les contenus haineux". "Il y a une limite à la liberté d'expression, cela s'appelle la loi. On n'a pas le droit de proférer des propos antisémites, des menaces de mort, des injures publiques. C'est interdit par la loi. Donc, c'est aussi interdit sur les réseaux sociaux. Il est temps que Twitter, Facebook et tous les hébergeurs se soumettent aux lois de la République comme tout le monde."

Marlène Schiappa a rappelé qu'elle n'avait pas demandé à avoir la liste des donateurs "qui avaient soutenu l'ancien boxeur Christophe Dettinger, soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes à Paris lors de l'acte 8 des "gilets jaunes". Mais elle pose la question : "Qui finance les violences, qui finance les casseurs ? Ce n'est pas incongru de poser la question", a-t-elle affirmé. "Savoir, oui ou non, s'il y a des puissances étrangères qui financent les casseurs et les violences urbaines dans Paris, c'est intéressant notamment eu égard aux positions de certains responsables italiens", a-t-elle affirmé. Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles et le vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite) avait publié lundi des messages de soutien aux "gilets jaunes" français.

Marlène Schiappa le 10 janvier.
Marlène Schiappa le 10 janvier. (FRANCE INTER)