Un cadre de la FFF accusé de harcèlement et de tentative d'agression sexuelle et par une ex-salariée

Ces accusations sont contestées par une enquête interne de la Fédération française de football , également mise en cause aux prud'hommes.

L\'entrée du siège de la Fédération française de football, le 20 décembre 2018, à Paris.
L'entrée du siège de la Fédération française de football, le 20 décembre 2018, à Paris. (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

Une ancienne salariée de la Fédération française de football (FFF) accuse un directeur financier de harcèlement et de tentatives d'agression sexuelle. Stagiaire, puis embauchée en CDD jusqu'en novembre 2018, la jeune femme a déposé plainte auprès de la police judiciaire de Paris pour "des faits de harcèlement sexuel continu" et pour "deux tentatives d'agression sexuelle", expose à l'AFP son avocate, Marie-Alix Canu-Bernard, confirmant l'information de Mediapart, qui a dévoilé l'affaire.

La Fédération "a immédiatement réagi en menant une enquête interne, sérieuse et objective", avec notamment l'audition d'une vingtaine d'employés, répond son avocat, Florent Dousset. Une fois celle-ci terminée, "la FFF a estimé que les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle n'étaient pas caractérisés". Cependant, ajoute l'avocat de la FFF, l'intéressé a "pu tenir des propos inadaptés dans sa communication avec les salariés, conduisant la Fédération à le rappeler fermement à l'ordre". Ces explications n'ont pas convaincu l'avocate de la plaignante. "Si, effectivement, il n'y a rien dans cette enquête, pourquoi ne pas nous l'envoyer ? C'est bien que ce n'est pas si simple que ça", dit Marie-Alix Canu-Bernard.

La salariée estime avoir été "évincée"

Les deux parties s'opposent également sur les conclusions de l'inspection du travail, défavorables au dirigeant mais "fermement contestées" par la Fédération. L'ex-salariée a parallèlement saisi le Conseil des prud'hommes de Paris, estimant avoir été "évincée" de son poste. "Il était prévu qu'elle ait un CDI", affirme son avocate. "Le contrat de travail de l'auteur de la dénonciation a pris fin normalement à son terme", se défend le conseil de la FFF, lequel refusera toute conciliation devant la juridiction prud'homale.