Le nombre de victimes de violences sexuelles a explosé en 2017 en France, selon une étude

Cette augmentation (265 000 cas en 2017 contre 173 000 en 2016) s'inscrit dans le sillage du mouvement de libération de la parole des femmes #balancetonporc.

(DENIS MEYER / HANS LUCAS)

Le nombre de personnes s'estimant victimes de violences sexuelles en France a bondi en 2017, dans le sillage du mouvements de libération de la parole des femmes #balancetonporc. C'est une des conclusions d'une vaste enquête statistique rendue publique jeudi 6 décembre. L'étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et de l'Insee révèle une "forte augmentation", de 173 000 cas en 2016 à 265 000 en 2017.

Parmi ces victimes, 93 000 disent avoir subi un viol ou une tentative de viol, contre 58 000 en 2016. Il s'agit de violences sexuelles "hors ménage", c'est-à-dire pas commises par un tiers habitant avec elles. Réalisée auprès de 16 000 personnes, l'enquête de "victimation" de l'ONDRP permet de mesurer l'évolution de la délinquance au-delà des seules statistiques administratives de la police et de la gendarmerie, en sondant les Français qui ne portent pas systématiquement plainte.

Des chiffres à prendre "avec précaution"

Dans cette douzième enquête annuelle de "victimation" et de perception de la sécurité, l'ONDRP et l'Institut national de la statistique appellent cependant à prendre ces chiffres "avec précaution". La reformulation des questions concernant les "violences sexuelles" a ainsi pu accroître le nombre de déclarants et provoquer une rupture "technique" dans la série statistique recueillie au fil des années. 

Surtout, le "contexte de libération de la parole autour des violences sexuelles peu avant la collecte des données lié à l'affaire Weinstein et au mouvement MeToo" a pu provoquer une "prise de conscience par les personnes interrogées de leur statut de victime, de la représentation de ce qu'est une violence sexuelle, et par là même amener une plus forte déclaration des personnes victimes", explique l'ONDRP.