Royaume-Uni : le gouvernement présente des excuses pour avoir "laissé tomber" des "milliers" de victimes de viol

Selon les derniers chiffres, 1 439 suspects ont été condamnés l'année dernière pour viol ou agression sexuelle en Angleterre et au pays de Galles, soit le niveau le plus bas jamais enregistré depuis que ces données sont collectées.

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La ministre britannique de l'Intérieur, Priti Patel, lors d'une conférence de presse à Londres, le 12 janvier 2021. (LEON NEAL / AFP)

Il a promis de remédier à la situation. Le gouvernement britannique a présenté ses excuses, vendredi 18 juin, pour avoir "laissé tomber" pendant des années des "milliers" de victimes de viol, se disant "profondément honteux" que le nombre de condamnations d'agresseurs sexuels et violeurs soit au plus bas. Selon les derniers chiffres officiels, 1 439 suspects ont été condamnés l'année dernière pour viol ou agression sexuelle en Angleterre et au pays de Galles, soit le niveau le plus bas jamais enregistré depuis que ces données sont collectées.

Cela constitue aussi une baisse de 1925 condamnations par rapport à l'année précédente, alors même que les plaintes pour viol sur adultes ont presque doublé depuis 2015-2016. "Les victimes de viols ont été laissées pour compte" et "des milliers de victimes sont restées sans justice", ont déclaré la ministre de l'Intérieur, Priti Patel, et le ministre de la Justice, Robert Buckland, en conclusion d'un rapport visant à améliorer la situation.

S'éloigner de "l'accent obsessionnel mis sur la crédibilité de la victime"

Le rapport propose une série de mesures visant à ramener d'ici aux législatives de 2024 le nombre d'inculpations et d'affaires portées devant les tribunaux à leurs niveaux de 2016. Parmi les mesures, un projet pilote visant à réduire les contre-interrogatoires des victimes au tribunal – leur préférant des entretiens préenregistrés – et une reconnaissance au niveau national du fait que les éléments concernant la victime ne doivent être utilisés pour l'enquête que s'ils sont pertinents.

Robert Buckland veut s'éloigner de "l'accent obsessionnel mis sur la crédibilité de la victime", le rapport affirmant vouloir plutôt se concentrer sur le passé du suspect, afin de "garantir que la prise de décision est fondée sur des preuves, plutôt que sur des jugements subjectifs concernant la crédibilité de la victime". Associations et militants ont globalement salué ces excuses, mais s'inquiètent de voir "si ce qui a été annoncé aujourd'hui sera suffisant".

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