Féminicides : des militantes dressent un "mémorial" à Paris pour les victimes de 2020

Le collectif Collages féministes a installé ce mémorial dans une ruelle du 11e arrondissement de la capitale. 

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Une femme passe devant un mur sur lequel le collectif Collages féministes ont collé un slogan, à Paris, le 4 novembre 2020.  (JEANNE FOURNEAU / HANS LUCAS / AFP)

Sarah, Virginie, Grâce, Mathilde, Claudette… Cent onze prénoms, en lettres noires, pour 111 femmes assassinées en 2020 parce qu'elles étaient des femmes. Dans le 11e arrondissement de Paris, dimanche 10 janvier, une soixantaine de militantes du collectif Collages féministes ont installé un "mémorial" pour les victimes de féminicides, dans un passage couvert, à l'abri des intempéries.

"En 2020, le patriarcat tue encore : 98 féminicides conjugaux, 11 travailleurs ou travailleuses du sexe et 2 personnes transgenres tuées", proclamait une autre inscription déployée en face de ce mémorial, qui exige : "Honorons nos mortes, protégeons nos vivantes."

Ce chiffre de 98 féminicides conjugaux – recensés par le collectif associatif Féminicides par compagnon ou ex, est inférieur aux 146 comptabilisés officiellement en 2019. "Mais en 2020, il y a eu beaucoup plus de violences" contre les femmes, a affirmé à l'AFP Camille, une des porte-parole du mouvement des "colleuses". Ainsi, selon la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, la plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes a enregistré une hausse de 60% des appels de victimes pendant le deuxième confinement par rapport à la normale, contre +40% pendant le premier confinement du printemps 2020.

"De l'argent, des moyens pour les associations"

Les "colleuses" ont également affiché des slogans tels que "Etat coupable, justice complice", "Plus écoutées mortes que vivantes" ou "Des réformes avant qu'on soit mortes". Car "le gouvernement n'agit pas assez" contre le fléau des féminicides, résume Camille, qui réclame "de l'argent, des moyens pour les associations", ainsi qu'un déploiement plus rapide des bracelets anti-rapprochement, destinés à tenir à distance les conjoints ou ex-conjoints violents.

Ces actions de collage, menées régulièrement dans plusieurs villes de France, doivent aussi contribuer à mobiliser les citoyens, selon elle : "Il ne faut pas fermer les yeux : on entend la voisine crier, et on n'ose pas s'en mêler, ce n'est plus possible !"

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