Espagne : pétition massive contre les juges ayant disculpé de viol un groupe d'hommes surnommé "la meute"

La décision des juges de ne pas avoir retenu le caractère de "viol" contre cinq jeunes Sévillans a suscité une vague d'indignation dans tout le pays.

Des Espagnols manifestent contre la comdamnation de \"la meute\", le 26 avril 2018 à Pampelune (Espagne).
Des Espagnols manifestent contre la comdamnation de "la meute", le 26 avril 2018 à Pampelune (Espagne). (FER CAPDEPN / CROWDSPARK / AFP)

Plus d'1,2 million de personnes en deux jours. La pétition adressée au Tribunal suprême espagnol pour réclamer l'inhabilitation des juges ayant disculpé cinq hommes de "viol" a rencontré, samedi 28 avril, un vrai succès en Espagne. "Puisque le tribunal chargé de prononcer le jugement dans le procès de "La Manada" ("La meute") conclut qu'il n'existe ni violence ni intimidation, je demande l'inhabilitation des magistrats le composant", commence le texte.

Cinq Sévillans, âgés de 27 à 29 ans, qui se surnommaient eux-mêmes "La meute", ont été condamnés à neuf ans de prison pour "abus sexuel" sur une jeune Madrilène de 18 ans pendant les fêtes de la San Fermin de l'été 2016, aggravé d'"abus de faiblesse". Mais les juges n'ont pas retenu le viol, pour lequel le Code pénal espagnol stipule qu'il doit y avoir eu "intimidation" ou "violence".

Le parquet a fait appel

Lancée par une Espagnole de 38 ans, la pétition déplore "qu'il y ait des juges et magistrats qui considèrent que pour qu'il existe une agression sexuelle [viol], il n'est pas suffisant que cinq hommes agressent une jeune sans défense et en état d'ébriété puis l'abandonnent après lui avoir volé son téléphone".

De nombreux Espagnols, ayant manifesté contre le jugement, s'étaient notamment indignés du fait qu'un des trois juges du tribunal s'était prononcé pour la relaxe des cinq hommes. Le parquet et la région de Navarre - partie civile - ont annoncé vendredi qu'ils feraient appel du jugement.