Ciivise : "Ce qui nous amène à démissionner, c'est un mensonge" de la ministre, affirme un ex-membre

Ces démissions sont intervenues après l'éviction du juge des enfants Édouard Durand et de la directrice générale de l'association Docteurs Bru, Nathalie Mathieu, par une décision du gouvernement.
Article rédigé par France Info
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Arnaud Gallais, le 13 octobre 2022 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Ce qui nous amène à démissionner, c'est un mensonge" de la ministre, affirme un ex-membre de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) vendredi 15 décembre sur franceinfo. La veille, jeudi, Arnaud Gallais et dix autres membres de cette commission lancée en mars 2021 ont annoncé leur démission pour protester notamment contre l'éviction d'Édouard Durand et de Nathalie Mathieu.

Le juge des enfants et la directrice générale de l'association Docteurs Bru ont été remplacés, à la tête de cette commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, par l'ex-rugbyman Sébastien Boueilh et l'experte judiciaire Caroline Rey-Salmon.

Sur franceinfo, Arnaud Gallais a dénoncé un mensonge survenu deux jours plus tôt, mercredi sur RTL. Charlotte Caubel, secrétaire d’État chargée de l’Enfance, a affirmé que selon les entretiens menés en interne à la Ciivise, "certains ne voulaient plus travailler" et "d'autres, y compris la vice-présidente" Nathalie Mathieu, "ne voulaient plus nécessairement travailler dans ce binôme".

"C'est complètement faux", s'insurge Arnaud Gallais. "On lui [Charlotte Caubel] a envoyée le 10 novembre dernier un mail collectif, de la part des membres de la Ciivise, demandant le maintien de la Ciivise avec Edouard Durand. Elle n'a jamais daigné répondre, comme elle n'a jamais daigné répondre ni à Edouard Durand, ni à Nathalie Mathieu. Et elle s'inscrit également en faux lorsqu'elle dit […] que Nathalie Mathieu ne voulait plus travailler avec Edouard Durand, parce que Nathalie Mathieu a toujours demandé à ce qu'Edouard Durand soit maintenu".

Une manœuvre "politisée"

Le membre démissionnaire de la Ciivise voit dans ce renouvellement de la présidence de la commission indépendante une manœuvre "politisée", avec des personnes nommées – Sébastien Boueilh et l'experte judiciaire Caroline Rey-Salmon – qui sont "à contre-courant" du travail mené par la Ciivise depuis sa création en 2021.

Pour Arnaud Gallais, le juge Édouard Durand "gênait" depuis juin 2023. La Ciivise avait publié un texte, Le coût du déni. Dans cet ouvrage, on peut y lire que "l'impunité des agresseurs et des conséquences à long terme des violences sexuelles pour les victimes" coûte "9,7 milliards d'euros chaque année" à l'État. Après la publication de ce texte, "que fait le gouvernement et notamment Mme Caubel ? On nous fait une mission d'appui, soi-disant pour nous aider à quelque chose", relate l'ancien membre de la commission. "Il y a eu un interrogatoire en octobre […] qui vise en fait à remettre en question la manière dont la Ciivise a pu fonctionner" et a pu "faire appel au Collectif féministe contre le viol".

Arnaud Gallais, dont le mandat se terminait de toute manière à la fin de l'année, regrette ce "manque de communication" de la part de la secrétaire d'État. Les démissionnaires ont affirmé avoir appris par voie de presse le maintien de la Ciivise. Ces méthodes ne permettent pas, selon lui, "une bonne transition" avec la nouvelle équipe.

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